12 février 2022

Livre et vie nouvelle Nouvelle version

Orhan Pamuk: la vie nouvelle Un livre ardent et menteur qui promet une vie nouvelle. Yeni hayat, en turc... "Bir gün bir kitap okudum ve bütün hayatım değişti.” Ainsi commence ce roman, et la supposée Vie nouvelle. Traduction automatique: "Un jour, j'ai lu un livre et toute ma vie en fut modifiée." On dirait d'abord une idée banale, insincère, pour souligner que le livre, et la culture, sont choses vitales. Néanmoins, en français comme en turc peut-être, la "modification" vous a un côté clinique, factuel, qui nous met la puce à... [Lire la suite]
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28 janvier 2022

De la lecture et du souterrain (Souvenirs de Cosette)

Quand j'étais enfant, la lecture n'était nullement pour moi un moyen de me hisser sur les cimes, ni d'aller à l'aventure, sur les mers hostiles, tout en restant à l'abri dans le doux giron de quelque maison. Elle ne parlait nullement la langue de la vérité, ni celle de la pensée. C'était simplement le trou, la chambre très close,  d'où je n'entendais plus guère les hurlements des ogres, les ogres du dehors, ceux de la maison, ceux tapis dedans mon coeur assassin, ainsi qu'ils le nommaient. Ainsi qu'ils... [Lire la suite]
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07 avril 2021

Galilée : logique et mathématique Nouvelle version plus rigoureuse

En lisant le Discours sur deux sciences nouvelles de Galilée. De la revanche d'Aristote. La logique ne répare que les erreurs de raisonnement, quand les mathématiques réparent les confusions concernant directement le réel. C'est que le réel est mathématique: je passe ainsi d'une connaissance globale, qui est fausse, à une connaissance précise, qui est vraie. Reste à organiser logiquement le raisonnement. Ainsi, le bâton que l'on brise en prenant appui sur son genou : si le genou n'est pas placé exactement au centre du bâton, le... [Lire la suite]
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07 avril 2021

Complément à la loi de Valéry-Goodhart: le principe de Dilbery-Dilber(t)

Charles Goodhart, économiste à la Banque d'Angleterre, a donné en 1975 son nom, comme chacun le sait, ou devrait du moins le savoir, à la loi suivante: "Quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être une bonne mesure". Ainsi, si je veux perdre dix kilos, ou bien je tricherai avec la balance, ou bien je maigrirai de façon artificielle et peu durable, voire je mettrai ma santé en danger, par exemple en jeunant le jour de la pesée jusqu'à midi et en me gavant après la pesée en question! On rapproche cette loi de la loi de... [Lire la suite]
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10 juillet 2020

Naissance du politique

Rousseau: On s’accoutuma à s’assembler devant les cabanes ou autour d’un grand arbre : le chant et la danse, vrais enfants de l’amour et du loisir, devinrent l’amusement ou plutôt l’occupation des hommes et des femmes oisifs et attroupés. Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. Celui qui chantait ou dansait le mieux ; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus éloquent devint le plus considéré, et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers... [Lire la suite]
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09 juillet 2020

Kafka géomètre

K. Le géomètre... Il ne l'est pas par hasard, car Kafka rêvasse sans cesse la géométrie, les paradoxes de l'infini et de Zénon. Cela montre sa parenté avec Lewis Carroll ! K. ne cesse de patienter dans des cases, chacune infiniment proche et lointaine d'une infinité d'autres. Alors, on s'éloigne en se rapprochant, on se rapproche en s'éloignant, et ça ne change rien, car l'infini demeure hors d'atteinte. De toute façon, il n'existe pas réellement. Et s'il existait, son message ne nous parviendrait pas. Et s'il nous parvenait, ce ne... [Lire la suite]
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06 juillet 2020

Kafka, droit et aliénation

On l'ignore trop souvent, mais Kafka était un spécialiste du droit. Il a mis en scène son caractère labyrinthique et sournois, sa manière d'avoir réponse à toute sollicitation du dominé, pour la retourner contre lui en apparence a priori, en réalité a posteriori. Kafka s'étonnait de voir le pauvre justiciable supplier le juriste qu'il était au lieu de tout casser! Entre mon droit, ma vie, mon existence, et moi, la loi, sorte de miroir déformant du monde, de la morale, de mes intentions! Mais le vivant proteste quand il ne supplie... [Lire la suite]
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27 mai 2020

Dedekind et l'arithmétique des non-nombres

Disons-le, Dedekind était un savant allemand bien sympathique, contrairement à Cantor, indélicat, à Gödel, irréductible certes, mais plus ou moins fou: sans qu'on puisse le comparer à Russell, Dedekind refusa de prêter allégeance au Kaiser en 1914. Bref, sa pensée mathématique n'était pas un délire, encore moins une imposture... Et on ne saurait la réduire à la définition du nombre rationnel comme coupure!   Dedekind, d'une part, dépouille le nombre naturel de sa chair et le réduit à son fantôme logique. Un objet qui n'est pas... [Lire la suite]
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09 mai 2020

les frères Karamazov: quelques notations sur le couple Ivan-Smerdiakov et sur la puanteur

Un roman où l'on passe son temps à escalader des palissades, à grimper, à observer de loin ou de près sans être vu, à s'engouffrer dans des ruelles, à se heurter à des murs... et à puer...  La ville sans nom où se déroule l'action est traversée, en guise de fleuve, par une sorte de marais puant, un véritable égoût! Quand enfin elle est nommée, contre la volonté du narrateur, c'est bien sûr d'un mot qui évoque d'ignobles effluves....  L'argent, omniprésent, est tout aussi ignoble, fait de la même matière,... [Lire la suite]
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24 avril 2020

les radins

Il y a Plaute bien sûr, et Molière, mais j'avais lu dans Gogol l'histoire des âmes mortes, je ne sais plus quel âge j'avais, c'était en français, pas en russe... Et il y a là un personnage, dont le vice est dit-on le plus monstrueux, et le plus incompréhensible, qui soit, la radinerie. Cette passion qui semble rationnelle, et qui est absurde, garder son or jusqu'à la mort, ne rien donner, tout conserver. C'est que l'argent n'est pas périssable, on se dit peut-être qu'un jour on en usera... Après sa mort, je suppose! ... [Lire la suite]
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