09 avril 2019

Quelques notations sur Aliochka Karamazov

Aliochka, tient à préciser presque d'emblée Dostoievski, n'était ni un fanatique ni un mystique. Tout au plus un philantrope! Mais le terme est mal traduit, disons qu'il aimait l'humanité en tous et en chacun. Enfant, pourtant, il aurait pu passer pour un saint, ou bien un sage. Il était parfaitement insensible aux offenses, si bien qu'il n'avait pas besoin de les oublier, ni de les pardonner. Il n'y avait qu'une chose qu'il ne supportait pas: ces propos pornographiques des enfants qui feraient rougir même des soldats, si du... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Bertrand Russell sur l'Education négative

On trouve à la fin d'un texte peu connu du logicien Bertrand Russell une remarquable critique de la pédagogie, et qui pourrait sans peine s'appliquer à la situation actuelle des enseignants. Il s'agit d'un texte de 1932, "Education et discipline", plutôt mal nommé, car Russell y traite bien plutôt de l'autorité,et anticipe parfois tant sur Arendt que sur Adorno. C'est peut-être ce qu'il a écrit de mieux sur l'éducation, en tout cas il y résume parfaitement ses conceptions de philosophie de l'éducation, ou plutôt, selon ses propres... [Lire la suite]
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08 mars 2019

les frères Karamazov: quelques notations sur Smerdiakov et la puanteur

Un roman où l'on passe son temps à escalader des palissades, à grimper, à observer de loin ou de près sans être vu, à s'engouffrer dans des ruelles, à se heurter à des murs... et à puer...  La ville sans nom où se déroule l'action est traversée, en guise de fleuve, par une sorte de marais puant, un véritable égoût! L'argent, omniprésent, est ignoble, il semble avoir été fabriqué à force de crachats, de crime et d'humiliation, et même dans les mains de l'ange Aliochka conserve un caractère... [Lire la suite]
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02 mars 2019

En chemin vers la langue avec Humboldt

En chemin vers la langue : L'Introduction à l'oeuvre sur le Kavi de Wilhelm von Humboldt Nous trouvons dans l’Introduction à l’œuvre sur le Kavi (1836, oeuvre posthume) l’expression ultime de la réflexion de Humboldt sur le phénomène du langage. Humboldt s’y efforce de le saisir dans sa singularité et sa simplicité, le langage est en soi parole créatrice et pensante, parole qu’on ne saurait réduire à la désignation de choses, ni de pensées toutes faites. Humboldt commence par replacer ce phénomène dans une anthropologie... [Lire la suite]
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22 janvier 2019

Proust, Lacan, Ravaisson, la Rochefoucauld

  L'amour n'est pas l'amitié, même s'il se doit d'intégrer de l'amitié. Il est en soi passion, à la fois celle de posséder, de s'assimiler l'autre, de régner dit La Rochefoucauld. Ou bien au contraire celle de se perdre en lui, en l'amour, en l'aimé, vertige, et en même temps vertige qui a un point d'appui, mais pour mieux se perdre: l'autre, ou son mystère. C'est ici la mystique de l'amour. Ravaisson. Ou bien il est les deux - et les trois - à la fois, ou successivement. Il tend non à la confiance mais à la fusion. Et... [Lire la suite]
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17 décembre 2018

Tintin en Indonésie

Vol 747 pour Sidney. Le seul Tintin peut-être où l'on parle (un peu) indonésien. Enfant, j'étais fasciné par le télépathe, plus encore que par les extra-terrestres. La télépathie est présentée, non comme un miracle un peu trouble, lié à l'amour, mais comme un acte purement technique, analogue à la radio. Les cosmonautes extra-terrestres ont d'ailleurs aussi des micros, ce qui semble contradictoire. On veut communiquer par télépathie avec les êtres lointains, ou Dieu, or on constate que cela ne marche pas pour les proches!... [Lire la suite]
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15 décembre 2018

Les frères Karamazov: Quelques notations sur Ivan Karamazov et le parricide

Ivan Karamazov: il aurait solennellement affirmé au cours d'une discussion que rien au monde ne peut obliger les hommes à aimer leurs semblables. Ou plutôt, l'enfant aimable est pourtant torturé, car l'homme est mauvais de par nature, il tue ou fait souffrir ce qui est encore innocent. Pour lui enlever cette innocence? Si je te tue, c'est que tu es coupable. Comme moi. Salir l'innocence est-ce le mal par excellence? Ou bien est-ce comme on le dit d'habitude, comme le dit Ivan, faire souffrir l'innocence au  nom du... [Lire la suite]
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15 décembre 2018

Ivan Karamazov II

Aliocha: mon père est en train de se perdre, et mes frères avec lui. Il y a en eux une force qui les attire vers la terre, vers le bas. Dieu lui-même n'y peut peut-être rien, et je ne suis plus sûr tout à fait de croire encore en Dieu... Cette force, c'est à la fois la vie et le mal. Mais c'est une avidité qui au fond se comprend, et Aliocha avoue qu'il partage cette même passion lubrique pour les femmes et pour l'argent. Il la partage, mais apparemment de très loin! En réalité, seuls Dimitri et son père sont... [Lire la suite]
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15 décembre 2018

Dostoievski: le vol et le don

Chez Dostoievski du moins, il n'est pas pire injure que de proposer de l'argent, même beaucoup, surtout beaucoup, en échange d'une blessure d'amour-propre. Quand bien même ce don n'exprimerait aucun mépris, mais le désir le plus angélique de réparer les fautes d'un autre, par exemple celles de Dimitri, c'est comme si cet argent brûlait les doigts de celui qui le reçoit, et la logique romanesque voudrait que cet argent atterrisse dans le feu. Heureusement, la psychologie prend le dessus sur le roman, et Aliocha prédit que le... [Lire la suite]
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11 décembre 2018

Musset

Musset, la vie est un sommeil, dont l'amour est le rêve. Le rêve, et non point l'éveil. C'est dire l'effroi que représente la réalité, qu'on ne peut fuir que dans la mort ou bien en faisant de la vie le double doucereux de la mort, le sommeil sans rêve. Un rêve suffit-il, parce qu'il est harmonieux, à racheter tant de néant inutile, un néant redoublé, qui n'a pour seul mérite que de se distinguer de la douleur? Epicure: la mort n'est pas un mal, car le mal, c'est la douleur. Mais elle n'est pas un bien pour autant! Rêver... [Lire la suite]
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