écrits du sous-sol 地階から

17 juin 2022

canicule, le ciel comme une balle de revolver

 CANICULE Le ciel traversait nos maisons nos cervelles et nos vies comme une balle de revolver, le ciel traversait nos villes comme l'amour le coeur des filles. Nos maisons étaient bleues vastes et vides... pleines pourtant de lumière. Lumière... Ainsi qu'un son hagard qui ne veut rien dire, une dictée bizarre de folie, de hasard - ça et là oublié un vieillard agonisait dans la chaleur bleutée de l'Eté! Le ciel traversait nos maisons comme les autos le carrefour. Un souvenir de toi encore, un souvenir de toi... [Lire la suite]
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01 juin 2022

Le bain du matin

Mon corps lavé, ma croupe et mon coeur, comme un beau cheval, un navire, à la poupe, à la proue. Lavés par cette eau si âcre, si claire pourtant. Lavé je suis de tous ces miasmes, succubes, chats-huants et hurlants de la nuit. O pluie sentencieuse, bavarde, de la nuit, pluie sombre, fétide, puante, aussi pourpre parfois pourtant que la toge d'un César, la robe sanglante d'un Émir, humble pluie oublieuse, sans mémoire de nos pauvres rêves en haillons.
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29 mai 2022

La sève de ma vie : fausses confidences

  Sevmek Seviyorum Sevinirim Severim Sevdalı Fausses confidences et autres menteries, car tout est amour, amour! en somme (et en rêves)   Sève de ma vie, C'est ce que tu es pour moi, et pourquoi le nier? Même le nier ne te ferait point plaisir. Je le suppose du moins, et que je puis faire d'autre? Que puis-faire pour toi, que puis-je faire pour moi? Et pour tout autre?Je ne puis faire que cela, je crois, c'est-à-dire rien, ou à peu près.  Je ne sais pas non plus si tu me liras, serait-ce le jour, ou... [Lire la suite]
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27 mai 2022

L'Ecole en crise?

Ce texte renvoie à une période un peu ancienne, sinon révolue, à savoir celle qui court de Peillon jusqu'à l'avènement de Blanquer. Et je ne veux pas dire que Blanquer soit la solution, mais que simplement nous sommes passés à autre chose, peut-être après tout un approfondissement de cette crise.    Y a-t-il une crise de l'Ecole, Ou bien s'agit-il, comme le croient certains sociologues,  d'un simple serpent de mer médiatique? Car qu'il y ait des difficultés localisées ne signifie pas pour autant une crise. Les métiers... [Lire la suite]
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24 mai 2022

La nuit, je dors et je rêve que je n'arrive pas à m'endormir !

- As-tu bien dormi? - Je ne sais pas. - Comment cela? - D'abord, je dormais, alors je ne me rendais pas tellement compte ... et puis j'ai passé la nuit à rêver. - Et alors? - Je rêvais que j'étais couché et que je n'arrivais pas à m'endormir. - Ce devait être affreux! - Sans doute. Le problème est le suivant: comment s'endormir quand on dort déjà? Mais je n'avais pas trop conscience de la difficulté. - Pourquoi donc? - Imbécile, je te dis que ce n'était qu'un rêve! Alors, par définition, je ne savais pas que j'étais en train... [Lire la suite]
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16 mai 2022

L'intello et le politique

Le philosophe rêve parfois d'agir, seulement ce n'est qu'un rêve. Le politique ne pense pas, il a un programme d'action, mais ou bien il lui vient des économistes, ou bien c'est un étendard et son action est d'un autre type, rhétorique et électorale. Sinon, il gère, il gère et communique. Pendant ce temps, le philosophe pense, ou rêve, l'histoire, la sociologie, l'économie, l'écologie. Bref, en remuant ses petits concepts sur l'échiquier de l'histoire, il fait la véritable politique. Il règne à défaut de gouverner. On se moque de lui.... [Lire la suite]
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16 mai 2022

La plus atroce de mes heures, celle que sonne l'horloge d'alors

L'habitude est mon chemin, o toutes Roses, que je ne cueillerai point, o toutes épines, qui ne me piqueront point, l'habitude est cette route qui ne mène point jusqu'à vous tous, o coquelicots pourpres de ma propre chair, et quand sonne enfin la plus attendue des heures, oui, la plus triste de toutes mes heures, je me souviens et ne me souviens point, du moins comme il convient, selon la Mamé, selon la Bobé. C'était l'heure que tu marquais, tel un signe, un nombre, un stigmate dedans le pied du crucifié, o clou rouillé, o balle... [Lire la suite]
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29 avril 2022

poème du joli mois de mai, poème sans muguet

  Poème sans muguet, poème du joli mois de mai   Poème du joli mois de mai, sans fruits sans fleurs et sans muguet Cueillir quelques brins de mots Mots poussés d'un être silencieux et qui tintent ainsi que des clochettes dans l'air frais d'un pieux matin Un matin pieux et herbeux, ô clarines des prés de France, ô fruit de colchique des prairies du Morvan!  Un Mantra que l'on sussure comme de l'eau qui bout, un abracadabra oublié, et que l'on n'a jamais su. ô... [Lire la suite]
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17 février 2022

Pourquoi encore te nommer, ma Mère? Tu n'as plus de nom. Poème

J'ignorais le nom des arbres, des fruits, des branches, de la vie, de la mort, du seuil et du battant de la porte, car ils n'en avaient point. Non, pas même un nombre ne les nommait, ni ne les nombrait! Et quel serait, sinon, le nom du Nombre? Et quel serait sinon le nombre du Nom? Est-ce qu'un rêve rêve qu'il rêve? Non, et pourtant parfois peut-être, puisque tu es venue jusqu'à moi, ma Mère, toi dont le nom était Prière, toi dont le nom était Absence, ton nom, ô mon Amour, était ton absence, et ma mort. A quoi bon alors mêler de... [Lire la suite]
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12 février 2022

Livre et vie nouvelle Nouvelle version

Orhan Pamuk: la vie nouvelle Un livre ardent et menteur qui promet une vie nouvelle. Yeni hayat, en turc... "Bir gün bir kitap okudum ve bütün hayatım değişti.” Ainsi commence ce roman, et la supposée Vie nouvelle. Traduction automatique: "Un jour, j'ai lu un livre et toute ma vie en fut modifiée." On dirait d'abord une idée banale, insincère, pour souligner que le livre, et la culture, sont choses vitales. Néanmoins, en français comme en turc peut-être, la "modification" vous a un côté clinique, factuel, qui nous met la puce à... [Lire la suite]
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12 février 2022

Le blanc de mon sel, je faisais mine, et puis c'est Tout. Poème

De tout ce sel, de tout mon sel, je faisais mine, et puis c'était Tout. Comme mes morts, j'ouvrais le gouffre blanc de mes dents, de ma salive, de ma fatigue. Même du Silence, de cet océan d'écume, je ne savais dire pour étancher ta soif, pour étancher le sempiternel miracle de ces vains oracles!  La marée à ses épousailles avec le ciel était vêtue du blanc de toute la soif humaine, o Désert et ta plainte lamentable, que tu étais jaloux, dunes de sable et de rancune, oasis de fiel! Ta famille de l'humaine famine avait oublié... [Lire la suite]
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11 février 2022

Amour, beauté, tristesse, maïs, courge, haricot. Trois sœurs

Je ne pouvais point t'aimer, seulement en vérité te désirer et soupirer au plus loin de la fuite, de l'errance, je suis le vagabond de tes yeux noirs, tout au cœur de l'océan de ta tristesse, des larmes de ton bonheur, o pluies chaudes, tendres pluies sur mes brisées. Je ne pouvais pas t'aimer, en vérité, car tu étais toi tout l'amour et ne m'avais rien laissé, nulle beauté sinon la tienne, dont je ne saurais m'abreuver sans Tristesse, et moi je ne suis rien, que la douleur d'être si loin de ta propre douleur, o larmes! Loin, si loin... [Lire la suite]
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