D'un certain esthétisme de la vérité, le style confondu avec le fond...

Plus que le beau, ou encore le bien, c'est le sublime qui risque le plus d'être confondu avec la vérité.

En effet, l'oeuvre sublime est par définition confrontation de notre être limité à l'illimité, et de là à assimiler l'illimité et l'Etre, il n'y a qu'un pas.

Le sublime, qui est inséparable de l'affect, mime pour ainsi dire la part affective, et non point logique, de l'expérience de la vérité. Nous sommes frappés par ce que nous comprenons, certes, mais qui nous oblige d'abord à renoncer à nos schémas intellectuels.

Et cependant, l'infini n'est pas pour autant l'Etre, et d'ailleurs on ne sait pas si l'Etre est infini!

Ainsi une théorie métaphysico-physique en vogue voudrait démultiplier l'univers, par exemple considérer que chaque scénario possible selon la physique quantique est réalisé, que la réalité est donc superposition de scenari d'univers en nombre infini, quand nous n'en connaissons qu'un, l'histoire naturelle, en raison de notre appartenance à un seul de ces scénari possibles et réels (car on identifie le possible et le réel dans cette métaphysique).

D'autres expliqueront qu'ils y a forcément plusieurs univers, et non pas un univers multiple comme précédemment, des univers sans communication les uns avec les autres.

C'est la sublimité de ces théories qui les fait passer pour vraies, elles seraient vraies justement parce qu'elles sont contraires au bon sens, comme une vérité digne de ce nom, de par son rapport à l'être justement, et non à nos représentations!