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écrits du sous-sol 地階から
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29 décembre 2016

fruit: la figue de Barbarie

Par tous les serpents de tous les paradis

Combien je t'ai désirée ô figue épineuse de nos midis

Tu avais les yeux bleus

Tu avais les yeux verts

Tu avais les yeux orangés

Mais pourquoi m'avoir mordu?

Comme je t'ai mordue

Je t'ai dévorée toute entière et ma langue chagrinée

Empoisonnée

A ton image

S'est gonflée

A mûri

Et m'a blessé.

Il fallut donc mourir en été, 

Mon sang luit comme une encre

Et dessine à mon cou

Un rouge pendentif

Une rouge tranchée

Semblable à ta chair

Semblable à ta fente

Ô fruit empoisonné

Plein d'une chair granuleuse et sucrée

Si semblable

à ma propre chair  

A ma chair mâle

A ma chair d'homme

À ma chair d'enfant

 

Autre version

 

J'avais goûté hélas du mauvais amour le fruit frelaté et tel un frelon irrité de sa noire épine il m'avait piqué. Ah figue de barbarie du midi inconnu, Provence empoisonnée, pour moi seul hélas, ma langue chasseresse avait tant menti, avait tant gonflé, tandis que je t'aimais, tandis que tu ne m'aimais, ou bien de loin, si loin et silencieusement.

 

À Manosque, Angoulême, ou bien Albi.

 

Par tous les serpents de tous les paradis, avertissement solennel, je ne t'entendis point, mon âme, ni mon amour, ne furent purifiés de toutes ces tendres rumeurs, baisers du diable; baisers du mensonge. Mon corps a donc pourri tel un bel orme! De bois bien sûr, de bois et ma pensée et ma parole.

 

Pourtant je ne suis point mort et je t'aime encore, frêle inconnue, hôte familière de tous mes rêves, plus nue seulement.

 

Gardienne de mes nuits,

 

Antique poison, mort et opium éteints, je dirai au monde, qui t'attend encore,  ton amoureuse épreuve!

 

 

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écrits du sous-sol 地階から
  • Confiné dans mon sous-sol depuis mai 2014, j'ai une pensée pour tous les novices du confinement! Mais comme j'ai dit souvent, tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre... Henri Dilberman
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