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écrits du sous-sol 地階から
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19 avril 2020

De la maladie et de la mort, avec une lecture de Miłosz Czesław

On ne s'étonnera plus, je pense, de ces réflexions, par ces temps viraux... Et c'est aujourd'hui l'anniversaire de l'insurrection du Ghetto de Varsovie. Hélas, je ne lis pas le polonais, on ne le parlait guère à Byalistok!

 Le malade, comme le mort, s'absente du monde commun, de ses affaires, de ses buts et conflits, et en même temps la mort est une question commune, la plus commune de toutes, la question métaphysique par excellence. C'est cependant une affaire privée. Humboldt notait que la mort nous rappelle que nous ne faisons pas simplement partie de l'histoire, du tissu historique. Elle nous rappelle à nous au moment où nous allons disparaître. 

 

C'est que celui qui meurt est seul au coeur de la foule, et, nous rappelle Miłosz Czesław, au moment où Giordano Bruno montait au sommet du bûcher, et avec lui le peuple du Ghetto de Varsovie, la langue humaine s'était tue avec la leur; la leur, désormais langue d'une planète défunte, morte.

Il est amusant de voir comment les autres font tout pour oublier déjà le malade, comme si vous étiez mort, au moins provisoirement. Ou alors ils s'en fichent, ils font semblant de demander de vos nouvelles, mais ce n'est qu'un accroc dans la trame de la réalité concrète, comme ils disent, leurs minuscules obsessions ou leurs grandes, la paperasse, le fric, le boulot...

C'est que la vie continue, elle est le monde, l'objectivité, quand la maladie est tout repli, comme la conscience.

La mort est à la fois retour à l'objectivité pure et condition de la subjectivité, comme le sommeil. C'est en tout cas une raison irréfutable de se détourner des affaires communes, la Cité, le Zusammenleben, le vivre-ensemble.

Reste à parler, comme Hamlet, du rêve et de la religion... 

 

 Varsovie, 1943

 

 A Rome, Campo di fiori, paniers d'olives et corbeilles de citrons, pavé rougi de vin, et débris de fleurs.  C'est ici, sur cette place, qu'ils ont brûlé Giordano Bruno.

L’étal des forains est maintenant rose de fruits de mer ; grappes de raisins sombres, qui couvrez le duvet des pêches, c’est ici, sur cette place, qu’ils ont brûlé Giordano Bruno! Ô  ronde des badauds où le bourreau alluma le feu! A peine fut-il éteint que les cafés étaient pleins, et déjà les marchands portaient sur leur tête les paniers d’olives et les corbeilles de citrons.

C'est à Varsovie, près des carroussels, que je me souvins un jour de printemps de Campo di Fiori. Le bruit des canons venu du Ghetto n'arrivait point à percer la musique criarde, la gaie mélodie. Sur les balançoires, les couples volaient très haut jusqu'au bleu calme des cieux

...

La langue yiddishe nous est à présent très étrangère, c'est celle d’une planète morte. Ils mouraient solitaires et on les oubliait de suite, à la fin de l'oubli tout ne sera que légende. Pourtant, après tant d'années, et sur un autre Campo dei Fiori, les mots du poète allumeront le bûcher de révolte!

Miłosz Czesław, Varsovie, 1943
On ne traduit pas vraiment la poésie, voici donc le texte polonais, et puis c'est aussi que je ne le comprends pas vraiment malgré la ressemblance, parfois, avec le russe.
Campo di Fiori

W Rzymie na Campo di Fiori   Kosze oliwek i cytryn,   Bruk opryskany winem   I odłamkami kwiatów.   Różowe owoce morza   Sypią na stoły przekupnie,   Naręcza ciemnych winogron   Padają na puch brzoskwini.

Tu na tym właśnie placu   Spalono Giordana Bruna,   Kat płomień stosu zażegnął W kole ciekawej gawiedzi. A ledwo płomień przygasnął, Znów pełne były tawerny,   Kosze oliwek i cytryn   Nieśli przekupnie na głowach.

Wspomniałem Campo di Fiori   W Warszawie przy karuzeli,   W pogodny wieczór wiosenny,   Przy dźwiękach skocznej muzyki,   Salwy za murem getta   Głuszyła skoczna melodia   I wzlatywały pary   Wysoko w pogodne niebo.

Czasem wiatr z domów płonących   Przynosił czarne latawce, Łapali płatki w powietrzu   Jadący na karuzeli.   Rozwiewał suknie dziewczynom   Ten wiatr od domów płonących, Śmiały się tłumy wesołe   W czas pięknej warszawskiej niedzieli.

Morał ktoś może wyczyta, Że lud warszawski czy rzymski   Handluje, bawi się, kocha   Mijając męczeńskie stosy.   Inny ktoś morał wyczyta   O rzeczy ludzkich mijaniu,   O zapomnieniu, co rośnie,   Nim jeszcze płomień przygasnął.

Ja jednak wtedy myślałem   O samotności ginących.   O tym, że kiedy Giordano   Wstępował na rusztowanie,   Nie znalazł w ludzkim języku   Ani jednego wyrazu,   Aby nim ludzkość pożegnać, Tę ludzkość, która zostaje.

Już biegli wychylać wino,   Sprzedawać białe rozgwiazdy,   Kosze oliwek i cytryn   Nieśli w wesołym gwarze.   I był już od nich odległy,   Jakby minęły wieki,   A oni chwilę czekali   Na jego odlot w pożarze.

I ci ginący, samotni,   Już zapomniani od świata,   Język ich stał się nam obcy   Jak język dawnej planety.   Aż wszystko będzie legendą I wtedy po wielu latach   Na nowym Campo di Fiori   Bunt wznieci słowo poety.

Warszawa, 1943

 

 

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  • Confiné dans mon sous-sol depuis mai 2014, j'ai une pensée pour tous les novices du confinement! Mais comme j'ai dit souvent, tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre... Henri Dilberman
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