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écrits du sous-sol 地階から
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21 juin 2018

de la matière psychologique de la langue

On trouve chez W. von Humboldt le thème intriguant de la pensée averbale comme matière de la langue, au même titre que le son avant son passage par le larynx! Il y a donc une matière sonore de la langue, et une matière psychologique.

C'est dire que la langue est un moule pour notre pensée, un moule intérieur à vrai dire, qui la met en ordre, mais que cependant il y a un début, ou une ébauche, de la pensée en dehors de la langue. Comme Hegel, Humboldt y lit une fermentation, ou plus exactement un ensemble de mouvements désordonnés, mal dégagés de la sensation, et qui ne mènent nulle part. C'est sans le moindre doute souligner là, au-delà de la phrase, la nécessité des signes pour raisonner, pour en tout cas relier ce que j'ai dit et ma pensée actuelle. La pensée est mouvement, mais sans les signes, sans références à ce que j'ai déjà pensé, ma pensée s'enlise. Le signe est  en somme proto-écriture. 

Cet aspect renvoie à la dualité de la langue chez Humboldt: elle est à la fois un acte pur, Energeia, et le contrecoup de cet acte, Ergon. Par là, la langue, et la pensée, se raccorde à elle-même, se réfléchit et progresse. Le titre même l'indique:

Über die Verschiedenheit des menschlichen Sprachbaues: und ihren Einfluss auf die geistige Entwickelung des Menschengeschlechts

Sur la diversité de construction des langues humaines et son influence sur le DEVELOPPEMENT spirituel du genre humain

Saussure a une vision bien plus statique, en accord avec son structuralisme, de la pensée en dehors des déterminations linguistiques: c'est une feuille de papier où tous les découpages sont encore possibles, une feuille vierge et amorphe. C'est également que Saussure pense en termes de mots, de signifiants-signifiés, quand Humboldt ne sépare pas la langue de la parole, de la mise au point de la phrase, du discours, et donc de la pensée.

Il y a donc dans la perception averbale du monde un acte de la pensée, certes avorté s'il ne parvient pas jusqu'aux mots; avorté ou plutôt embrouillé. Ce mouvement appelle le mot, les mots, mais il ne saurait les produire de lui-même. Contrairement à la phénoménologie, cet acte infus dans la passivité sensible est en soi incomplet, insuffisant, impuissant, si bien qu'il s'enchevêtre. 

Bien sûr, il est difficile d'attribuer à l'animal un manque de parole, et puisqu'il faut lui reconnaître une pensée, elle est averbale, mais elle ne manque pas du point d'appui sur les mots. Elle a donc d'autres points d'appui, je suppose!

Après avoir convoqué les mânes de Condillac, je me lance donc à mon tour dans ce genre de débat:

Il me semble que lorsque les mots sont pour ainsi dire refoulés, ou bien nous agissons et nos actes sont à leur manière des pensées, nous reconnaissons nos clefs, nous ne nous disons pas "c'est à moi", mais nous les prenons! Ou bien nous contemplons: sans concept verbal, les choses, ou plutôt les formes perceptives, se recouvrent facilement, ou s'opposent. A lire Humboldt, ce serait une aspiration inaccomplie à des mots comme "même" et "autre"!

Le langage des sourds-muets, ou notre façon de communiquer avec les étrangers: le langage d'action. Nous n'avons pas besoin du verbe pour appeler quelqu'un ou pour mimer un grand nombre d'actions et même de choses. Pour désigner encore moins! Et il y a un passage de l'objet désigné à l'idée générale, la catégorie, de ce cheval au cheval en général. Augustin en parlait avec son fils, Adéodat. Mais alors l'idée générale est encore plus mal dégagée du cas particulier que dans la parole ordinaire!

Il faut évoquer également les schémas: ils permettent d'enraciner la pensée, souvent mieux que les mots. Ils mettent en évidence les lignes de force d'une situation, les relations, quand les mots et les phrases, les adverbes surtout, se succèdent sans arriver bien souvent à cerner le propre de la situation.

Le croquis: il participe davantage du dessin mais conserve - de façon plus ambivalente - la sécheresse géométrique du schéma.

"Mieux vaut un bon croquis qu'un long discours."

K. Buehler corrige en somme Humboldt: il y a la pensée déicitique, en situation, qui est elliptique, voire qui se passe de tout mot. Et ce n'est pas une ellipse, c'est seulement que le verbe est mité d'averbalisme! "Mes clefs!" Et je les prends sans en dire davantage, sans penser quoi que ce soit avec des mots. Et il ya une pensée plus errante, ou plutôt qui a pour cadre la parole elle-même: les adverbes, comme "hier", les circonstances, comme "dans une autre galaxie, il y a très longtemps, et très loin". C'est en somme aussi vague que le plus vague des gestes, comme remuer les bras pour faire se lever les nuées de l'embarras du conteur!  L'on confond volontiers la situation et le contexte: la situation est averbale, le contexte est verbal.

C'est dire que nous parlons, même sans langue conventionnelle, mais que nous parlons avec des gestes. Ces gestes reposent sur un schématisme de notre imagination: l'enfant qui retient de la conduite automobile, et de l'auto elle-même, le volant qu'on fait tourner et le bruit. Mais comment mimer un adverbe, un complément de temps, ou de lieu, et donc passer de la situation au contexte? Ce n'est pas totalement impossible: on peut mimer la panique, et en faire le contexte d'une saynète mimée elle-aussi. On se rapproche ici de la pantomine et du cinéma muet!

C'est tout ce qui ressemble au calcul et au raisonnement qui me paraît le mieux répondre à ce que dit Humboldt: sans signes, quand nous essayons de calculer à même les choses du monde, nous nous embarrassons et nous tournons vite en rond. Il en va de même pour les stratagèmes, par exemple en jouant aux échecs, sans mots intérieurs, sans écriture, nous nous emmêlons. Bref, nous avons besoin des mots pour poser nos calculs, pour ébaucher l'écriture!

C'est comme si nous disions que la parole est un ensemble de mouvements désordonnés vers l'écriture, et qui n'y parvient pas d'elle-même. Que la parole est la matière sonore de l'écriture, qui est la pensée posée.  

C'est sans doute reconnaître que les règles de calcul ou de raisonnement ne correspondent guère, contrairement aux substantifs ou aux verbes d'action, à des schèmes de l'imagination. Pour l'imagination, "si tu viens je serai content", "si tu ne viens pas, ça n'ira pas", "il faut que tu viennes", ne peut signifier que l'actualisation: "tu es venue, alors je suis content", "tu n'es pas venue, alors je ne suis pas content". Et certes ce balancement est lui-même expressif, comme on le voit dans la grammaire de certains rêves, ou cauchemars. Il exprime l'incertitude, l'angoisse, l'espoir.

Mais enfin ce n'est équivalent ni à une proposition hypothético-déductive, ni à un impératif. Je remarque quand même que le japonais peut exprimer le "il faut", supposé inconditionnel, par une condition: "si on ne fait pas ça, ça ne va pas" dit le Japonais "kore ho shinakereba, ikanai." Ca ne le fait pas, dit le parisien branché!  

Pour en revenir à Humboldt, il y a en réalité non pas deux, mais trois matières de la langue: le cri avant l'articulation, la perception imbibée de pensée muette, et l'élan vers la parole avant toute langue, que l'on retrouve jusque dans la pantomine. Cet élan informe est comparable à l'Un plotinien, mais devenu généreux, pure générosité, comme chez Ravaisson!

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Commentaires
R
"de"...
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R
Nouveau cadre sur internet, nouvel artifice technique et bourgeois. On ne sait plus quoi inventer avant la foudre.
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R
Et puis non, je suis malheureusement protéiforme, je ne trouve aucune explication au travers de mes contradictions. Je ne vois qu'un seul vecteur, l'instinct de vie de la force, Cette forme de brutalité qui fait en sorte que je ne sais plus très bien où j'en suis. C'est un épouvantable maelstrom. Un mélange de Cultures. Quelle accessibilité ? Quelle hiérarchie si tant est qu'il en existe une ? Quelle civilisation ? Quel mélange des genres ? Pas plus loin qu'hier, j'ai expliqué à mon père né en 1933 que mon fils avait le droit d'user de ses noms seulement pour se défendre mais par principe car il a 12 ans et nous détestons l'esclavage. Ce que certaines générations ne comprennent pas, c'est que pour se faire une place, il faut y aller franco de port, il ne faut pas lésiner sur les moyens Et le sens de l'honneur impose ne Pas se conformer à une logique judéo-chrétienne D'abruti qui considère que quand on reçoit une gifle, il faut tendre l'autre joue. En réalité, cela relève plutôt du nouveau testament que j'abomine. Que pouvais-je dire à celui qui n'a jamais su que son petit-fils est en réalité une forme de reflet de son père. Il était un temps où je réglai mes propres affaires avec un casque et une matraque. Quelles étaient au juste les moyens? Entre capitalisme et marxisme, il y avait une troisième, Voie qui ressemblait Aux théories de Jean Thiriart .Tout cela n'était absolument pas conceptualisé.. Il ne fallait pas casser du bolcho ( Ici du monde ouvrier) mais du bobo. Pas question de s'attaquer à la classe ouvrière mais de s'attaquer aux bons gros socialistes en BMW. Nous attaquions les CRS et les coups de matraque que nous recevions ne se concrétisaient qu' au bout de quelques jours car très franchement, il n'y avait pas de quoi s'instaure en martyr.De cette capacité de résistance, de cette haine du système, mes enfants seront les dignes héritiers et ils seront toujours qu'au travers de leurs pseudos sourires et de leur capacité de se plier à la discipline du livre, ils mépriseront à jamais leur mettre qui leur imposent un système de fonctionnement et par voie de conséquence de négation de leur propre identité. Républicains, démocrates, représentant de la hiérarchie, ploutocrates, représentants supposés des élites, tout imbus de votre savoir et de votre mode de reproduction,Je m'emploierai pierre par pierre à détruire votre édificeDeux falsificateurs d'Athènes et surtout de Sparte.
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R
Au travers de ce qui m’a terrassé dont je ne connais toujours pas la teneur, il fallait bien que j’occupe mes journées et probablement renouer avec les uns et les autres sous réserve qu’ils soient encore existants, ce qui est en l’occurrence de l’ordre de l’exception. J’ai été effaré de l’imbécillité de ceux qui pourtant pouvaient donner le meilleur d’eux-mêmes au nom d’une culture que j’ai probablement sous-évaluée. Quelle médiocrité ! Même ceux qui ont un potentiel intellectuel et qui l’ont démontré par le passé restera des pâquerettes ou plutôt des chardons. Vous essayez de rehausser le niveau et vous rendez compte que vous n’avez absolument aucun écho. Erreur d’aiguillage ? Probablement. Tout cela est à l’image d’une société blâmable, constituée de débiles mentaux ou plutôt de lâches qui sont peut-être membres du Rotary, industriels et commerçants, de politiciens toujours aux abonnés absents, mais je me dis qu’un certain niveau de bêtise, Jean-Sébastien Bach est probablement le fondateur du baccalauréat. Nous vivons dans un monde de profonde médiocrité, de bassesse, de négation de la plus élémentaire intelligence et d’une culture qui n’est décidément que l’apanage d’une élite. Notre monde est mort. La faculté pour certains d’avoir un minimum de répondant n’est qu’une gageure. Ainsi, Baldur von Schirach avait raison quand il disait : « quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ». Cet homme était un prophète. Il prévoyait l’avance la médiocrité de la société bourgeoise sans en avoir conscience. Être seul, c’est foncièrement un acte de mépris vis-à-vis de ce qui vous apporte la moindre attention, sous les plus expresses réserves, et faire en sorte au travers de Facebook de mépriser Bach, Wagner, Beethoven et bien d’autres. Il m’est dommageable de considérer qu’une vieille femme ayant habité le Brésil, épouse d’un Sudète, ait mis un terme à mes ambitions. Elle m’avait en substance indiquée : « ne donne pas de perles à des cochons ». Je connais l’histoire de cette femme, je sais parfaitement de quoi il retourne, et je me dis que d’une certaine manière, celle qui écoutait plus souvent le « Horst Wessel lied » que « l’internationale » n’avait pas forcément tort. Contenu mes options politiques, inutile de vous dire que ses interventions se sont faites de plus en plus rares. Dans un monde tourmenté dans lequel il n’existe plus aucune règle, je me pose la question de savoir si à l’avenir dans un monde de radicalité, le national bolchevisme ne sera pas de bonne augure.
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R
"Au commencement était le verbe".
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  • Confiné dans mon sous-sol depuis mai 2014, j'ai une pensée pour tous les novices du confinement! Mais comme j'ai dit souvent, tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre... Henri Dilberman
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