Hannah Arendt: la crise de l'éducation
Dans ce texte classique et quelque peu visionnaire, un élément surtout m'a frappé, ce qu'Arendt dit des préjugés et des réformes. Les réformes de l'éducation se font à l'aune des préjugés, eux-mêmes expression de la crise de l'éducation (de l'autorité). Par conséquent, ce sont des symptomes qui se prennent pour le remède. Ils ne font qu'aggraver la crise. C'est l'histoire de la voiture qui va dans le mur en accélérant et en klaxonnant!
On sait par une abondante littérature que les IUFM et encore les Espé, et leurs équivalents états-uniens ou européens, n'ont fait que dogmatiser ces préjugés modernes, à la manière dont la physique aristotélicienne ne faisait que reprendre et systématiser les préjugés de l'époque.
Mais Arendt apprécie Aristote, on le sait... Je ne dis pas qu'elle a tort.
Arendt dit encore que ce n'est pas le salmigondis pédagogiste qui constitue la racine réelle de la crise de l'éducation. C'est que la démocratie est double: assomption par tous de l'intérêt général, de la marche du monde. Indifférence de tous à cette marche du monde, individualisme à la Tocqueville.
Ce ne sont pas les enfants, dit-elle, qui refusent l'autorité, mais bien les adultes quand ils se veulent nés d'hier...
Les Grecs ignoraient l'autorité, le concept est propre à Rome, mais Platon aurait tenté - en vain - d'aborder à sa manière cette terra incognita...