Fumées de l'art et de la pensée. Nouvelle version
Et vous, toutes splendeurs bues, o musiques, o couleurs o douleur, et vous toutes les muses de Grèce descendues, tombées ici-bas de la plaine vagabonde des cieux, vous n'aviez à offrir que de brumeuses pensées, un horizon troublé, et qui rit, et qui pleure, sans qu'on sache bien pourquoi.
Oracles merveilleux, mais très nuageux, j'avais soif d'architectes mieux décidés, et d'une vie mieux destinée, o desseins insondables, mystérieux, et d'un cœur de chair, qui batte bien autrement que toutes vos nuées !
Fumées, cieux blanchis, ossuaires de nos froids paradis, comme pourtant vous me ressembliez! Il n'y eût de ma vie qu'une seule amoureuse, et puis vous, pour me demander si mes yeux trop souvent mouillés, trop souvent brouillés, et pleins de sang, étaient verts, gris ou bien bleus.
Hélas, et l'art et l'amour ne sont que promesse. Hélas, l'art et l'amour sont sans promesse. O par toutes les trahisons et les renonciations !