Osiris de mon cœur
Je rêve bien souvent encore de toi, vois-tu, je ne t'ai point oubliée, et ce sont des rêves confus et violacés, Dieu lui-même n'y retrouverait pas son chat, ni son peuple. Et je me souviens encore de de ce four où tu soufflas ma pâte, puis brisas mon corps tout de verre. Et mon coeur et mon âme, de même pâte, du même verre!
Voici pourquoi, comme tu le dis, je ne suis plus qu'un pauvre fou, qui erre et quête ses propres fragments comme les piécettes un mendiant tout assoiffé de toi et de vin.
Tu allumas au-dessus de mon berceau toutes les espérances, puis les eteignis, pour moi seulement et les miens, une à une, très patiemment, comme on efface du tableau noir de l'école tant les humbles vérités que l'orgueilleuse erreur.
Voici pourquoi comme tu le dis et le repètes à tous les vents je suis triste et sans joie.
Mais tu m'as tué et non point vaincu car tu le sais, la joie n'est pas répandue dans les firmaments ainsi qu'un nuage de lait et de miel. Elle est ici, toute en moi, au fond même du vase brisé de ce cœur, de mon cœur, de cet abri vaillant, que tu connais, tout plein de nombres et de rayons!