Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
écrits du sous-sol 地階から
Publicité
20 novembre 2018

Patrie et langue maternelle selon Grundtvig

NICOLAI FREDERIK SEVERIN GRUNDTVIG (1783-1872)

 

Pasteur, écrivain et pédagogue danois, Nicolai Grundtvig était de son propre aveu mi-poète, mi-rat de bibliothèque. Marqué par les philosophes allemands Herder, Fichte et Schelling, il insuffle à la poésie un souffle tout romantique. La poésie danoise est inséparable tant de l'idiome du peuple que des mythes scandinaves. A cela s'opposent les langues et pensées mortes ou artificielles, le latin et les mathématiques, et même l'écriture...

 

 

Ô ma patrie, Ô ma langue ! (Patrie et langue maternelle (texte en prose), adaptation libre)

Les Aèdes grecs depuis longtemps s'étaient tus

Ulysse dans l'océan près d'une nymphe s'était perdu

Par la ceinture de la sirène, par la ceinture de la déesse!

Retentit enfin la rumeur scalde

Mots divins et humbles

Beaux comme un chant

Mots, hélas, que nul ne comprit

Hormis le peuple danois

Ah, venins délicats de la langue latine!

Que pouviez-vous contre le bronze, le métal bruyant

Le métal puissant

De l'épée de notre langue?

Sinon le corrompre.

Ah, monnaie de tous nos mots!

Bel argent, beau bronze!

C'est de ce bronze que le forgeron divin forgeait, laborieux, un chant neuf

Neuf comme un sou!

Et le peuple seul reconnut la frappe de cette monnaie inouïe!

C'était le même bronze, c'était le même or et le même son

Belle épée de la poésie

Belle épée de l'idiome

C'est l'âme dane qui t'enseigna ton art

Et façonna ta lame!

Sombres étrangers, pourquoi ne compreniez-vous point?

C'est que vous ne le pouviez guère

Et nous, nous le pouvions!

Ah  vol puissant du Scalde

Quand il se vêt de l'habit de plumes!

C'est la vieille Dise c'est Freya qui le lui prête!

D'un bond il s'élève comme la pensée au plus haut des cieux

Il plane au dessus de nos fleurs de nos arbres de nos prairies

C'est le fracas, le tonnerre, qui gronde sur les mers

Le doux murmure enfin qu'on entend dedans l'alcôve

Voici notre patrie, voici notre langue, et voici son chant

Le même que celui du Scalde

Tour à tour belliqueux puis tendre et amoureux

Un jour le triste venin du latin se sera tari

Et nous vivrons d'un chant plus pur

Hélas si nous avons la mer, et les étoiles dedans la nuit

Qui indiquent leur route aux marins sur la plaine froide et salée

De montagnes, nous n'en avons guère!

Publicité
Commentaires
écrits du sous-sol 地階から
  • Confiné dans mon sous-sol depuis mai 2014, j'ai une pensée pour tous les novices du confinement! Mais comme j'ai dit souvent, tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre... Henri Dilberman
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 70 610
Pages
Newsletter
0 abonnés
Publicité
Publicité