sténographie et métaphysique
J'ai longtemps voulu saisir non point ma pensée, mais le point où naissait ma pensée. Ridicule narcissisme, teinté de quelque alibi philosophique. Car en réalité, "ma" pensée c'est surtout le désordre de la pensée. Disons qu'il s'agissait de littérature et je me tiendrai quitte!
Il est clair que je suis tourné vers mon moi, disons l'intériorité, et que j'y cherche un noyau ignoré de moi-même, un autre noyau que le noyau psychanalytique, si une telle chose existe. Ou bien alors, c'est le sujet de l'inconscient, pas le moi!
Alors la sténographie? Une culture méprisée, réservée aux sténos dactylos, et pourtant une langue à part entière, en tout cas une écriture qui seule, comme disaient presque les textes des manuels d'autrefois, peut saisir l'écriture secrète de la parole! Et pourtant, une écriture codifiée, voire surcodifiée, peut-être inutile, ou inutilisable, tellement elle est cryptée et difficile à lire. Avaient-ils voulu, les sténographes d'alors, faire concurrence au latin?
J'en retiens que l'utilité des choses pratiques est tout, sauf pratique. Elle est, risquons un gros mot, métaphysique. Un gros et grand mot qui ne me coûte pas cher, c'est vrai!
Vygotski sur le langage intérieur : "le langage intérieur est un langage réduit au minimum, abrégé, STÉNOGRAPHIQUE." Il ne peut être compris que par soi-même puisque personne d'autre "ne connaît le champ psychique dans lequel il se développe."