Agrégation
Quand au siècle dernier j'ai passé l'agrégation à Nancy, il pleuvait sur la table qu'on m'avait réservée, et seulement sur elle, pas bon pour ma paranoïa, un seau en plastique giclait aimablement toute son eau sur ma copie tandis que je méditais sur. .. eh bien ça je l'ai oublié...
Je demandai donc au surveillant de me déplacer, moi et ma copie mouillée. " Eh quoi me dit-il ce n'est pas possible et puis l'administration vous a fourni un seau, vous êtes bien exigeant pour un philosophe."
Je répondis que le bruit des gouttes d'eau me déconcentait, et puis l'encre délavée ne ferait peut-être pas bon effet sur les correcteurs.
" Ah, dit-il, vous êtes comme les tennismen alors, il vous faut de la concentration."
Il aurait pu dire comme la tomate, mais
j'étais fier de moi, pour la toute première fois j'avais osé protester contre l'administration, tel un antihéros de Kafka, on a des références tout de même quand on est agrégatif.
Et à l'oral, un dimanche à la Sorbonne, c'étaient les marteaux-piqueurs, on se serait cru dans le film Brigitte et Brigitte, on nous vendait des boules quies dans la bibliothèque où nous essayions de préparer nos petits discours.