Le vide Eurydice
Pensées souterraines, ou bien opinions vagabondes, et alors, à quoi bon, ô mon épouse? Poème de mort et puis d'amour. O ma lyre océane et bleue, comme le TGV!
Ton ombre, mon épouse, je la trouve partout, c'est que tu appartiens au royaume souterrain ah que d'espoirs défunts. Je suis le pauvre Orphée, qui rêve de ton absence, et il s'épouvante, se réveille enfin, et croit t'étreindre, mais sa main ne rencontre que le vide, Eurydice.
Il croyait étreindre et ne faisait, n'est-ce pas, qu'éteindre. T'éteindre, ô ma bougie, ô mon cierge... Mais je ne renonce point, je n'ai même pas l'idée du deuil, à vrai dire. A vrai dire, et qui le dit? Et qui dit quoi? Quoi, le deuil? Ou bien le vrai? Ou est-ce la même chose?
J'ai cru te ramener du royaume des morts et ce n'était que ton ombre
et pourquoi un royaume, pourquoi pas un empire?
Tu es loin même quand tu es proche, loin comme je suis loin
Tous les TGV o bleue d'atlantique ne sauront rouler assez vite pour joindre nos deux mondes qu'un matin humide humide - kono yaro disais-tu - avait su joindre.
この野郎: ou à peu près ce connard, et je croyais que c'était un mot doux, comme "ce coquin"! Mais cela ne fait pas partie de ce poème-ci, car c'est une toute autre histoire.
J'avais abattu tant de murs! Je frappais si fort et si vite! Mais au mur succédait une autre muraille, je roulais plus vite que le son, plus vite que la lumière, mais moins que ton ombre alanguie.
A quoi bon rouler plus vite que la lumière pour attraper une ombre? C'est en somme un problème de physique, à la Lucky Luke. Dieu lui-même n'y est pas arrivé et jamais les Juifs, ses enfants préférés, ne seront sauvés, hélas. Mais Dieu ne renonçait point, il ne renonçait pas à son effort inutile, seulement son effort était devenu un autre, c'était un messager et ce messager continuait à briser les murailles, celles de Chine et celles du Texas, cela ne servait à rien, Dieu avait depuis longtemps oublié et son peuple et son messager, la muraille succédait à la muraille, la grisaille à la grisaille. Ce fut la nuit.
Ton séjour souterrain confondait l'ombre et la lumière, tu parlas alors d'une autre lumière, et ce n'était que la nuit, ce n'était que ta nuit. Je te comprends pourtant, ô mon épouse mystique, même si je n'ai pas une âme comme celle des autres.
En guise d'âme je n'ai que ce puits où je m'absente comme tu t'absentes. Pourquoi ne te retrouvé-je jamais, ô mon épouse Eurydice, au fond de ce puits?
explication: c'est une synthèse de plusieurs poèmes antérieurs, comme il y a dit-on, croit-on, des vies antérieures, ah vieux Platon, et plus vieux encore Pythagore.