le nom et la chose
Quelle étonnante conviction - en tout cas chez le poète - d'un rapport intime du nom et de la chose. Rien ne l'en fera démordre, aucune évidence. C'est que le poète ne s'accommode pas à la réalité, mais se l'assimile, la réduit au mot, et au jeu propre à certains mots, ou tours de phrase. Au lieu d'inviter, je fais le signe - c'est-à-dire une sorte de geste - d'inviter, et je crois avoir saisi dans ce geste l'invitation comme essence. Mais elle m'a tout autant échappé, car ce geste est un appel, et rien ne répond vraiment à cet appel. Le poète illusionniste raté! Même chose pour le danseur, mais au moins il s'est donné du mal, sinon lui du moins ses pieds!
Tout cela pour dire que le nom propre fait mine de nous dire quelque chose du bonhomme, de son caractère ou de son destin.
Inversement, le bonhomme déteint sur le nom, beau ou ridicule.