05 avril 2019

Le temps ne sait plus compter

Deuil de la vie et de la douleur, o mon amour! Nous ne nous sommes pas beaucoup aimés, Sève de ma vie, o cheveux bouclés, mon épouse. Les jours, et les nuits, sans trêve ni repos, ont fui si vite! Leurs galops de Centaures pressés résonnent encore dedans ma mémoire, mille ans depuis hier ont déjà passé. Le jeune homme voit ses cheveux tomber à tristes poignées et la fille sa rose déjà se faner. Comment l'addition de si pesants tourments tient-elle, légère ainsi qu'un sou troué, dedans la main des sorts? C'est que la douleur vive... [Lire la suite]
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05 avril 2019

Rions tant qu'on est vieux

Il y a des marchands de soupe, mais je n'en ai jamais rencontré. Il y a de même des marchands de sagesse, et ceux-là se font entendre. Ils nous disent: "vis dans le présent!" Seulement voilà, pour les gens de mon âge, le présent c'est le passé! Le vieillard a en somme une jambe dans le présent, une jambe dans le passé... et la troisième dans la tombe. Comment cela trois jambes, ça vous étonne? Vous ne connaissez pas l'énigme de la Sphynge?  La tombe, c'est l'avenir du vieux. C'est également celui du jeune. Le... [Lire la suite]
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04 avril 2019

Quand au Printemps...

Quand au Printemps les jeunes filles te montrent leur sein et leurs dents bien blanches En vain, pourtant, sans t'émouvoir davantage qu'un bel oiseau sur une belle branche, Quand tu perds ton argent par millions et millions et n'en souffres aucunement Car tu te moques désormais de Ploutos comme de Pénia Et comme d'une guigne de tes vieux écrits, de tous ces mots Tombés autrefois dans l'oreille des sourds, dans un vide ignoré d'Epicure même Malgré toutes ses déclinaisons et ses atomes... [Lire la suite]
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04 avril 2019

Dedans le miroir

  DEDANS LE MIROIR Jeunesse, un refrain nouveau sur tes lèvres, une fleur rouge comme ton coeur dedans tes cheveux bien noirs, Jeunesse, tu me jettes un regard de biais, l'air de dire "alors je te plais"? Ô Le beau et tendre visage! Ce coeur si volage c'est le mien. Je me souviens aussi du bleu, trop clair pour février, et qui brille, de tes yeux.Pour moi seul il dardait ses doux rayons. Hélas, Jeunesse, tes jours ont fini, l'amour est mort, et tu ne le sais pas, ô pauvre fille, un... [Lire la suite]
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17 décembre 2018

jeunesse et vieillesse

Trouble de la jeune âme, de la belle âme, qui ne sait ce qu'elle veut, ni ne sait si elle veut, et se croit appelée pourtant à quelque grand destin! Elle ne sait si elle a dans le monde si vaste une place, et se cherche dedans les livres un profond terrier Mais son coeur veut aimer, mais son coeur veut régner, sur de vastes foules, et être admiré, pour son génie et sa beauté! Tant de vanité est tissu d'humilité, c'est le rêve en somme d'un très petit enfant qui joue à être très grand Ah prophètes imberbes de nos... [Lire la suite]
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09 novembre 2018

De la grâce, du jeu, du pouvoir et de la vieillesse

Le gratuit et la grâce: ces deux mots sont bien sûr apparentés. Avoir de l'esprit: c'est-à-dire que nous n'essayons justement pas d'avoir, nous ne nous écoutons pas parler et nous ne visons rien, nous ne cherchons pas à séduire, nous jouons avec les mots et les idées, nous nous délassons devant un public, comme s'il n'était pas là, et il arrive, miracle de l'humour, que l'être le plus méfiant et le plus renfermé s'amuse de nos mots et nous réponde sur le même ton. Il a alors - cet être - un ton étrangement précieux et... [Lire la suite]
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04 avril 2018

le mauvais navire, le vieux gréement

  Il est des jours frileux, il est des jours jaunes, des jours fielleux, des jours d'un mauvais aloi, où le corps maugrée et crie à tous les vents, comme un mauvais navire, un vieux gréement. Et on se retourne vers l'Océan. Qu'il est petit cet océan-là, et qu'il est grand, quand on en compte, une à une, les vagues. Je me souviens aussi de la bassine d'eau âcre où je me lavais quand c'était Dimanche et que c'était l'enfance.  Explication: j'aime la couleur jaune, mais elle a mauvaise réputation, on explique ainsi en... [Lire la suite]
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25 janvier 2018

sénilité: Paris comme on fuit sa prison

  - Je me promenais dans Paris comme on fuit sa prison, chaque rue était pour moi la promesse, toujours déçue il est vrai, d'un monde, le même, mais plus clair seulement, ainsi que le soleil, un jour beau et solennel comme un hiver.   - Un monde identique dis-tu... mais les rues n'étaient pas les mêmes, elles se jouaient de ta mémoire, et leurs noms n'étaient pas les bons. - Je m'égarais en des places jamais vues de ma vie, à 100 m de chez moi. - Avais-tu un chez toi? - Je posais sur chaque... [Lire la suite]
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22 décembre 2017

Joyeuse fêtes 2022 ! Une magnifique année 2023 et bienvenue au 18 000 ème visiteur de ce blog

Bonnes fêtes de fin d'année! Une excellente année 2018, qui quoi qu'il en soit nous rapprochera de l'année suivante, et même de 2020! Le temps passe si vite, de plus en plus vite, se plaignent les vieillards du monde entier! Moi aussi, j'aimerais tellement qu'on arrête, car je veux descendre! Donc, joyeuses fêtes de fin d'année pour 2019 aussi, et comme je suis en verve, pour 2020 et - tant qu'on y est - pour 2021! Je souhaite sincèrement que vous soyez alors encore en vie, même vieilli et tout décrépit; pour... [Lire la suite]
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25 août 2017

Dans la ruelle de mon coeur, nouvelle version

Dans la ruelle de mon coeur, je te rencontre chaque nuit pour la première fois. A Grenade. Tu es toujours  la même, la même exactement: comme le bleu du même ciel d'un souvenir d'été. A Colombes. C'est un village à la muraille franche, et crénelée, tout près de la Défense... La Seine y coule, de toutes les couleurs, surtout le Rouge! Comme le fruit du grenadier... et de la colère. Colombes où je comptais les vers et les pigeons, qui t'ont donné ton nom. Je me souviens de l'église rouge elle aussi constellée de toutes leurs... [Lire la suite]
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