24 avril 2019

Printemps

  Printemps, il pleut, comme tu PLEUS bien printemps, ah tu sais si bien pleuvoir! Et je ne le sais point, et je ne sais guère comment cela s'écrit, cela sans doute ne se dit point et cela ne s'écrit point. Cela se pense, frêle pensée, par toutes les voix mouillées, par tous les bois mouillés! Par le vert de l'herbe, de la feuille et de l'eau. Forêts! Herbes amères! Comme vous pleurez bien! Oh le vert de mes veines et de mon âme même. Cela du moins je sais l'écrire! Par tous les accents circonflexes... Par la trace des... [Lire la suite]
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05 avril 2019

Le temps ne sait plus compter

Deuil de la vie et de la douleur, o mon amour! Nous ne nous sommes pas beaucoup aimés, Sève de ma vie, o cheveux bouclés, mon épouse. Les jours, et les nuits, sans trêve ni repos, ont fui si vite! Leurs galops de Centaures pressés résonnent encore dedans ma mémoire, mille ans depuis hier ont déjà passé. Le jeune homme voit ses cheveux tomber à tristes poignées et la fille sa rose déjà se faner. Comment l'addition de si pesants tourments tient-elle, légère ainsi qu'un sou troué, dedans la main des sorts? C'est que la douleur vive... [Lire la suite]
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04 avril 2019

Quand au Printemps...

Quand au Printemps les jeunes filles te montrent leur sein et leurs dents bien blanches En vain, pourtant, sans t'émouvoir davantage qu'un bel oiseau sur une belle branche, Quand tu perds ton argent par millions et millions et n'en souffres aucunement Car tu te moques désormais de Ploutos comme de Pénia Et comme d'une guigne de tes vieux écrits, de tous ces mots Tombés autrefois dans l'oreille des sourds, dans un vide ignoré d'Epicure même Malgré toutes ses déclinaisons et ses atomes... [Lire la suite]
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09 février 2019

Les nitouches

Que vous aviez le coeur faux mes petites amoureuses ah toutes vos cartes étaient biseautées, oui vous trichiez tandis que vous me criiez dessus! Vous habitiez des midis, des rivages cendrés et bleutés, des jardins humides, des paradis enfin où poussaient dru tant de fruits Ah, par toutes les saisons et toutes les moissons, par toutes les nymphes et toutes les succubes, que j'aimais votre bel été, De tous ces fruits défendus, je ne me souviens que de la figue épineuse, qui me trancha et la langue et le... [Lire la suite]
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07 janvier 2019

hiver

  Ô totems de pierre grandes cheminées qui ornez les toits d'Angers! Quel goût a-t-il le morceau de pain oublié, et l'eau qui stagne qui stagne le long des rues, des routes, des chemins? Prête-t-on jamais aux choses leur voix? La ville s'emmitoufle hivernale en ses fumées et ses brumes toute chose s'estompe toute voix s'amortit comme en une autre nuit, nuit couleur du givre blanc. Ô, fumées, volutes, qui depuis Verlaine formez des cinq et vous interrogez, vous êtes si semblables à ma pensée de bois trop... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

le métal dont est fait l'Etre bourgeois : nouvelle version plus macronesque

  En contemplant, effrayé, par dessus les ardoises et les tuiles, tellement civilisées, un bout de ciel d'orage qui montre son nez. Est-ce ce nez qu'un philosophe, fou peut-être, avait pris pour l'Etre? Et le vol tors de ces nuages lourds de tempêtes. De tempêtes et de guerres... Il est dans nos châteaux, nos maisons et nos manoirs, des domestiques, humbles d'apparence, dont les reflets torves trahissent la malice. Les uns, replets, faits d'un métal mercenaire et... [Lire la suite]

06 novembre 2018

poètes d'autrefois

Les poètes d'autrefois se vêtaient d'étoffes sombres, lourdes, sales, et de temps. De mauvais temps et de crachin. Il faisait humide, humide, on était à Paris, on crachait, les mots comme les tripes. Les poètes d'autrefois ne vivaient pas longtemps, leur chair était blême, leurs cernes très bleus, et leur âme allait de même, cahin-caha, de ci de là. Leur belle âme couleur d'absinthe! Ils aimaient la fumée, l'automne, l'alcool, et les mots. Les mots. Ils n'étaient pas eux-mêmes, qui donc leur aurait laissé le temps? J'ai cueilli la... [Lire la suite]
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06 novembre 2018

la pluie est venue, dans la nuit

O le doux bruit de la pluie qui veut entrer dans l'alcôve où s'étreignent les amoureux. Cette pluie est bien misérable, elle tombe dans la nuit noire, et voudrait entrer. Elle frappe, elle frappe, à la fenêtre, à la porte. Qui est donc cette pluie qui s'invite? Qui est donc cette pluie qui tambourine ainsi à la porte, sur le sol, les trottoirs? John Travolta, Catherine Hepburn, Ava Gadner? Cahuzac, Kerviel, Macron? Ou bien le grand Roi Zeus déguisé en mendiant dégoulinant? Mais les amoureux sont égoïstes, ils écoutent... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

forêt salée de toutes tes larmes, et de tes amours aussi

Il est des mots, Urashimataroo,umibe, kaigan, qui ont le goût de l'océan, à peine les a-t-on prononcés qu'on se souvient d'une humble existence de pêcheur: (  浦島太郎  Urashimataroo  海辺  umibe 海岸 kaigan)  Salé comme tes lèvres, salé comme tes pleurs, était-ce là notre dernier baiser? Tu savais et ne disais point car tu ne parlais pas la langue. Même tes joues étaient salées! et ton coeur! et ton con! Epouse maritime à l'odeur poissonnière! Petite sirène des eaux... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

Automne: en attendant la pluie

Automne profond comme un regard, une âme, gracieux pourtant ainsi qu'un jeune dieu, une blonde déesse! Mes rêves joyeux, vigoureux comme de jeunes chats, enjambaient d'un bond l'autre côté de la colline, où tu trônais, cheveux au vent comme des ailes d'ange! Oh demeures enchantées, indéchiffrables, ocres, de mes automnes, comme vous soupiriez, belles Dames, en attendant la pluie! Vous étiez fortes pourtant, ainsi que des manoirs, des châteaux! Les cieux déchiquetés des rues de Pontoise, de... [Lire la suite]
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