19 août 2019

Automne: en attendant la pluie

Automne profond comme un regard, une âme, gracieux pourtant ainsi qu'un jeune dieu, une blonde déesse! Mes rêves joyeux, vigoureux comme de jeunes chats, enjambaient d'un bond l'autre côté de la colline, où tu trônais, cheveux au vent comme des ailes d'ange! Oh demeures enchantées, indéchiffrables, ocres, de mes automnes, comme vous soupiriez, belles Dames, en attendant la pluie! Vous étiez fortes pourtant, ainsi que des manoirs, des châteaux! Les cieux déchiquetés des rues de Pontoise, de... [Lire la suite]
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25 juin 2019

canicule, le ciel comme une balle de revolver

 CANICULE Le ciel traversait nos maisons nos cervelles et nos vies comme une balle de revolver, le ciel traversait nos villes comme l'amour le coeur des filles. Nos maisons étaient bleues vastes et vides... pleines pourtant de lumière. Lumière... Ainsi qu'un son hagard qui ne veut rien dire, une dictée bizarre de folie, de hasard - ça et là oublié un vieillard agonisait dans la chaleur bleutée de l'Eté! Le ciel traversait nos maisons comme les autos le carrefour. Un souvenir de toi encore, un souvenir de toi... [Lire la suite]
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25 juin 2019

confession d'été

Il fait chaud, la vie s'enlise, on n'a rien à faire, ou pas grand chose, et on se surprend à se dire, comme on verse un poison à sa douce amie, son âme, qu'il n'y a rien à faire. L'on sait pourtant que le vouloir, cette flèche savante, jamais ne manque sa cible, flèche armée de patience comme d'autant de pointes de métal cruel, acéré et gris! Mais ce gris métal, un chimiste retors, et trismégiste, l'a sans doute tout volatisé, et c'est la raison de cette chaleur que l'on sent pourtant à peine, parce que privé de... [Lire la suite]
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24 avril 2019

Printemps

  Printemps, il pleut, comme tu PLEUS bien printemps, ah tu sais si bien pleuvoir! Et je ne le sais point, et je ne sais guère comment cela s'écrit, cela sans doute ne se dit point et cela ne s'écrit point. Cela se pense, frêle pensée, par toutes les voix mouillées, par tous les bois mouillés! Par le vert de l'herbe, de la feuille et de l'eau. Forêts! Herbes amères! Comme vous pleurez bien! Oh le vert de mes veines et de mon âme même. Cela du moins je sais l'écrire! Par tous les accents circonflexes... Par la trace des... [Lire la suite]
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05 avril 2019

Le temps ne sait plus compter

Deuil de la vie et de la douleur, o mon amour! Nous ne nous sommes pas beaucoup aimés, Sève de ma vie, o cheveux bouclés, mon épouse. Les jours, et les nuits, sans trêve ni repos, ont fui si vite! Leurs galops de Centaures pressés résonnent encore dedans ma mémoire, mille ans depuis hier ont déjà passé. Le jeune homme voit ses cheveux tomber à tristes poignées et la fille sa rose déjà se faner. Comment l'addition de si pesants tourments tient-elle, légère ainsi qu'un sou troué, dedans la main des sorts? C'est que la douleur vive... [Lire la suite]
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04 avril 2019

Quand au Printemps...

Quand au Printemps les jeunes filles te montrent leur sein et leurs dents bien blanches En vain, pourtant, sans t'émouvoir davantage qu'un bel oiseau sur une belle branche, Quand tu perds ton argent par millions et millions et n'en souffres aucunement Car tu te moques désormais de Ploutos comme de Pénia Et comme d'une guigne de tes vieux écrits, de tous ces mots Tombés autrefois dans l'oreille des sourds, dans un vide ignoré d'Epicure même Malgré toutes ses déclinaisons et ses atomes... [Lire la suite]
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09 février 2019

Les nitouches

Que vous aviez le coeur faux mes petites amoureuses ah toutes vos cartes étaient biseautées, oui vous trichiez tandis que vous me criiez dessus! Vous habitiez des midis, des rivages cendrés et bleutés, des jardins humides, des paradis enfin où poussaient dru tant de fruits Ah, par toutes les saisons et toutes les moissons, par toutes les nymphes et toutes les succubes, que j'aimais votre bel été, De tous ces fruits défendus, je ne me souviens que de la figue épineuse, qui me trancha et la langue et le... [Lire la suite]
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07 janvier 2019

hiver

  Ô totems de pierre grandes cheminées qui ornez les toits d'Angers! Quel goût a-t-il le morceau de pain oublié, et l'eau qui stagne qui stagne le long des rues, des routes, des chemins? Prête-t-on jamais aux choses leur voix? La ville s'emmitoufle hivernale en ses fumées et ses brumes toute chose s'estompe toute voix s'amortit comme en une autre nuit, nuit couleur du givre blanc. Ô, fumées, volutes, qui depuis Verlaine formez des cinq et vous interrogez, vous êtes si semblables à ma pensée de bois trop... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

le métal dont est fait l'Etre bourgeois : nouvelle version plus macronesque

  En contemplant, effrayé, par dessus les ardoises et les tuiles, tellement civilisées, un bout de ciel d'orage qui montre son nez. Est-ce ce nez qu'un philosophe, fou peut-être, avait pris pour l'Etre? Et le vol tors de ces nuages lourds de tempêtes. De tempêtes et de guerres... Il est dans nos châteaux, nos maisons et nos manoirs, des domestiques, humbles d'apparence, dont les reflets torves trahissent la malice. Les uns, replets, faits d'un métal mercenaire et... [Lire la suite]
06 novembre 2018

poètes d'autrefois

Les poètes d'autrefois se vêtaient d'étoffes sombres, lourdes, sales, et de temps. De mauvais temps et de crachin. Il faisait humide, humide, on était à Paris, on crachait, les mots comme les tripes. Les poètes d'autrefois ne vivaient pas longtemps, leur chair était blême, leurs cernes très bleus, et leur âme allait de même, cahin-caha, de ci de là. Leur belle âme couleur d'absinthe! Ils aimaient la fumée, l'automne, l'alcool, et les mots. Les mots. Ils n'étaient pas eux-mêmes, qui donc leur aurait laissé le temps? J'ai cueilli la... [Lire la suite]
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