25 juin 2019

confession d'été

Il fait chaud, la vie s'enlise, on n'a rien à faire, ou pas grand chose, et on se surprend à se dire, comme on verse un poison à sa douce amie, son âme, qu'il n'y a rien à faire. L'on sait pourtant que le vouloir, cette flèche savante, jamais ne manque sa cible, flèche armée de patience comme d'autant de pointes de métal cruel, acéré et gris! Mais ce gris métal, un chimiste retors, et trismégiste, l'a sans doute tout volatisé, et c'est la raison de cette chaleur que l'on sent pourtant à peine, parce que privé de... [Lire la suite]
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22 juin 2019

Alzheimer (1) poésie sénilité: Paris comme on fuit sa prison

  - Je me promenais dans Paris comme on fuit sa prison, chaque rue était pour moi la promesse, toujours déçue il est vrai, d'un monde, le même, mais plus clair seulement, ainsi que le soleil, un jour beau et solennel comme un hiver.   - Un monde identique dis-tu... mais les rues n'étaient pas les mêmes, elles se jouaient de ta mémoire, et leurs noms n'étaient pas les bons. - Je m'égarais en des places jamais vues de ma vie, à 100 m de chez moi. - Avais-tu un chez toi? - Je posais sur chaque... [Lire la suite]
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15 juin 2019

confusion

Voici ce que me dit, étrange confession, un homme d'autrefois, qui se prenait au lycée pour Oscar Wilde (ce n'est pas moi, mais quelqu'un d'autre en somme): "J'ai toujours été confus cela dès l'enfance. Je prenais pour ma mère de blondes étrangères, du moment que leurs cheveux longs pendaient, déliés, à mes côtés. De pauvres bourgs perdus les jours de pluie me semblaient Paris. Des comptines d'enfants regorgeaient pour moi seul de sortilèges somptueux, et de mystères sucrés comme un musc étonnant et... [Lire la suite]
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24 avril 2019

Ici le Pont, ici l'exil: Ovide !

  Assis à une table de bois blanc, de bois cru, il composait un livre. Il le laissera nu, point d'enluminures: c'est le livre triste de l'exil. Il ira sur ses pieds jusqu'à la ville, la ville amie, la ville d'oubli. Et lui, et lui, il est plein de souvenirs. OVIDE! Ce livre sera ma mémoire, dit-il. Et il veut dire:  Vous souvenez-vous de moi, ô mon épouse? Et toi, mon empereur? Te souviens-tu? Et il pleure, comme pleure sa mémoire. Son livre est plein de larmes. De quoi a-t-il eu si peur? ... [Lire la suite]
09 avril 2019

comment naît un poème?

Comment naît un poème? On imagine le pseudo-poète, plein de morgue et de nombrilisme, qui jette sur le papier un peu de sa divine semence, des mots sans rime ni raison. Mais voici le secret véritable: une impression particulière vous emplit à la fois de bonheur, et du désir de saisir ce bonheur; ou bien cette détresse, au fond peu importe. Cette impression vous voulez la saisir, alors vous dites un mot, par exemple que le temps est une eau, claire comme la nuit, car vous sentez vos souvenirs si proches, et si loin! Ce mot est... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

le métal dont est fait l'Etre bourgeois : nouvelle version plus macronesque

  En contemplant, effrayé, par dessus les ardoises et les tuiles, tellement civilisées, un bout de ciel d'orage qui montre son nez. Est-ce ce nez qu'un philosophe, fou peut-être, avait pris pour l'Etre? Et le vol tors de ces nuages lourds de tempêtes. De tempêtes et de guerres... Il est dans nos châteaux, nos maisons et nos manoirs, des domestiques, humbles d'apparence, dont les reflets torves trahissent la malice. Les uns, replets, faits d'un métal mercenaire et... [Lire la suite]

06 novembre 2018

poètes d'autrefois

Les poètes d'autrefois se vêtaient d'étoffes sombres, lourdes, sales, et de temps. De mauvais temps et de crachin. Il faisait humide, humide, on était à Paris, on crachait, les mots comme les tripes. Les poètes d'autrefois ne vivaient pas longtemps, leur chair était blême, leurs cernes très bleus, et leur âme allait de même, cahin-caha, de ci de là. Leur belle âme couleur d'absinthe! Ils aimaient la fumée, l'automne, l'alcool, et les mots. Les mots. Ils n'étaient pas eux-mêmes, qui donc leur aurait laissé le temps? J'ai cueilli la... [Lire la suite]
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05 juillet 2018

de la poésie

Le monde du poème est un monde enchanté, où se mêlent, confusément, notations sensibles, lieux communs, fulgurances philosophiques ou religieuses, et absurdités que le langage rend possible. C'est que le langage déborde de toute part la description: nous pouvons dire tant de choses qui n'ont pas de place bien définie ni dans l'expérience ni dans le raisonnement. Et bien sûr, il ne faut pas non plus qu'elles soient fausses, ou grotesques, comme "le rire de la bibliothèque". Et encore, le texte, le contexte, peut atténuer ce... [Lire la suite]
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18 juin 2018

incompréhensible

  Heureux l'enfant qui ouit le sourd appel de la langue et du poème, seriné par une mère lointaine comme le rivage bleu d'un pays étranger et grec! Il fit effort pour comprendre, et ne comprit point. Ah le contrepoint qui à jamais l'éloigna de la pesanteur du soi! Belle musique en vérité si la colère jamais ne la submerge! Quel est donc ce meilleur en nous qui ne nous ressemble point et qui hante notre coeur assoiffé de peines fécondes? Explication: comment la pulsion d'être soi se confronte-t-elle au monde, et aux autres, pour... [Lire la suite]
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04 avril 2018

le mauvais navire, le vieux gréement

  Il est des jours frileux, il est des jours jaunes, des jours fielleux, des jours d'un mauvais aloi, où le corps maugrée et crie à tous les vents, comme un mauvais navire, un vieux gréement. Et on se retourne vers l'Océan. Qu'il est petit cet océan-là, et qu'il est grand, quand on en compte, une à une, les vagues. Je me souviens aussi de la bassine d'eau âcre où je me lavais quand c'était Dimanche et que c'était l'enfance.  Explication: j'aime la couleur jaune, mais elle a mauvaise réputation, on explique ainsi en... [Lire la suite]
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