29 avril 2019

Le rêve de Carlos Ghosn. Poésie

Les papiers du Paradis Le Paradis est-il pavé d'or? De ce métal infâme, et fratricide? Qu'en pensent les milliardaires, du moins ceux qui se nomment Caïn ? Ou bien Carlos? Voici en tout cas - à Bâle ou à Tokyo - le rêve, ou le cauchemar, de l'un d'eux : Ce rêve qui m'est coutumier n'est pourtant pas tout à fait le mien; c'est bien plutôt celui d'une recluse cachée dedans la maison: il a en effet son regard et sa voix enchantés, ceux de mon amour. C'est dire que cette belle recluse habite ce... [Lire la suite]
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24 avril 2019

d'une langue familière

Parlons pour une fois de l'expérience, car je ne suis pas seulement sujet transcendantal, pas seulement pensée combinatoire à la recherche de possibilités très mal inscrites dans nos vies. En un mot, je ne suis pas toujours de l'autre côté de la limite mathématique. Mais qu'y puis-je si je vis en Gaule ultérieure? Et certes les Alsaciens l'appellent au contraire la France vum innara, de l'intérieur! J'ai expliqué mille fois que j'avais trouvé refuge dans les mots sans significations pour échapper aux ogres familiers, qui... [Lire la suite]
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22 janvier 2019

l'âge de fer

 Avertissement: la plus grande part du mal est commise par des gens qui n'ont jamais choisi entre le mal et le bien. Ils ont cru que c'était une question trop futile pour eux, hommes sérieux, de chiffres, et qui comptent les sous et les cadavres comme d'autres comptent les étoiles! Avocat du malheur, croyais-tu donc que je ferais ma vérité de ton poison, de ton mensonge? Me connaissais-tu si mal? Et comment aurais-tu pu me connaître? Toi, l'ignorant de toute chose? Tu étais bien fier de toi, Moujik insolent, fier de... [Lire la suite]
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29 décembre 2018

Brutalité, O foules oubliées

Brutalité. Oh foules oubliées, comme vous aviez bon coeur au temps du muguet!  Brutalité. On t'appelait alors Humanité, et l'on mettait une majuscule au H de  toutes tes histoires! H comme la harpe, H comme harpie! Mais quand l'heure de l'automne sonne enfin, ton amour semble bien las et tu te mets à frapper l'antique et obscure mesure. Malgré mille épuisantes leçons, tu ne sus oublier l'algèbre la plus fausse, sa morne frénésie, de funeste aloi, ah triste poésie, ni le goût du sang,... [Lire la suite]
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16 décembre 2018

le métal dont est fait l'Etre bourgeois : nouvelle version plus macronesque

  En contemplant, effrayé, par dessus les ardoises et les tuiles, tellement civilisées, un bout de ciel d'orage qui montre son nez. Est-ce ce nez qu'un philosophe, fou peut-être, avait pris pour l'Etre? Et le vol tors de ces nuages lourds de tempêtes. De tempêtes et de guerres... Il est dans nos châteaux, nos maisons et nos manoirs, des domestiques, humbles d'apparence, dont les reflets torves trahissent la malice. Les uns, replets, faits d'un métal mercenaire et... [Lire la suite]
04 novembre 2018

Quand le vase de mon âme se brisa

Désastre de ta main puissante tu me saisis et de ton poing invincible tu me brisas Discorde, Zizanie, mon amour, de ton poing invincible, comme un sexe, tu brisas en mille morceaux mon âme tout de verre, tu la brisas en mille éclats. Te fallait-il, Discorde, ô Zizanie, mon amour, si lourd marteau pour briser le verre dont tu m'avais fait, souviens-toi,  fabriqué de ton souffle puissant, de ton souffle ardent ? Tu poussais, ô Désastre, ô Hystérie, o hydre de mes nuits, toutes mes nuits, et mes... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

tout sur mon père

Enfant, je pérorais, très savant, à table, ma mère ne comprenait guère et me glissait des regards amoureux tandis que mon père, brutal, me coinçait quand il le pouvait contre le lit; afin de me briser, il me tordait en riant les petits attributs . Caquet rabattu, je m'étonnais que la douleur s'efface et ne laisse aucune trace. "Il ne faut pas parler ainsi", me dit très grave ma mère, "car ton père est bon, c'est notre religion!" Ce n'est que cela l'homme, me dis-je enfin, pas de quoi tant s'extasier. Mon père aussi avait... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

tout sur ma mère

Autrefois il existait à l'école des prix d'excellence, et aussi des prix d'honneur, le premier prix ne venait qu'en troisième position. La première fois que j'obtins le prix d'excellence j'avais sept ans. Heureux et fier, flanqué à droite de mon père et à gauche de ma mère je rentrai donc chez moi, le livre sous le bras. J'avais passionnément voulu faire plaisir à ma mère et j'avais compris que rien ne pouvait lui plaire davantage que cela, gagner un premier prix - enfin je veux dire le prix d'excellence... [Lire la suite]
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30 août 2018

Souvenirs de Cosette

Le souterrain Quand j'étais enfant, la lecture n'était nullement pour moi un moyen de me hisser sur les cimes, ni d'aller à l'aventure, sur les mers hostiles, tout en restant à l'abri dans le doux giron de quelque maison. Elle ne parlait nullement la langue de la vérité, ni celle de la pensée. C'était simplement le trou, la chambre très close,  d'où je n'entendais plus guère les hurlements des ogres, les ogres du dehors, ceux de la maison, ceux tapis dedans mon coeur assassin, ainsi qu'ils le nommaient.... [Lire la suite]
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30 mai 2018

En lisant Kafka

  En lisant Kafka Enfermé dedans ta chambre, le monde du dehors n'est que menace, le père et le patron ne te demandent qu'une chose: plier! Obéir! Et toi, eh bien: tu plies! tu obéis! C'est grâce à eux que tu es devenu le roi dérisoire d'un monde qui leur est inconnu, c'est à force de t'avoir fait rentrer dans des carrés, des triangles et des ronds qu'ils ont fait de toi ce cafard, cette vermine qui danse le long des murs.  Tu t'es pourtant révolté, ton père était si vieux, si gâteux, il fallait le... [Lire la suite]
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