07 décembre 2018

le métal dont est fait l'Etre bourgeois : nouvelle version plus macronesque

  En contemplant, effrayé, par dessus les ardoises et les tuiles, tellement civilisées, un bout de ciel d'orage qui montre son nez. Est-ce ce nez qu'un philosophe, fou peut-être, avait pris pour l'Etre? Et le vol tors de ces nuages lourds de tempêtes. De tempêtes et de guerres... Il est dans nos châteaux, nos maisons et nos manoirs, des domestiques, humbles d'apparence, mais dont les reflets torves trahissent la malice. Les uns, replets, faits d'un métal mercenaire et... [Lire la suite]

04 novembre 2018

Quand le vase de mon âme se brisa

Désastre de ta main puissante tu me saisis et de ton poing invincible tu me brisas Discorde, Zizanie, mon amour, de ton poing invincible, comme un sexe, tu brisas en mille morceaux mon âme tout de verre, tu la brisas en mille éclats. Te fallait-il, Discorde, ô Zizanie, mon amour, si lourd marteau pour briser le verre dont tu m'avais fait, souviens-toi,  fabriqué de ton souffle puissant, de ton souffle ardent ? Tu poussais, ô Désastre, ô Hystérie, o hydre de mes nuits, toutes mes nuits, et mes... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

Brutalité, O foules oubliées

Brutalité, oh foules oubliées, comme vous aviez bon coeur au beau temps du muguet!  Brutalité, on t'appelait alors Humanité, et l'on mettait une majuscule au H de  toutes tes histoires! H comme la harpe, H comme harpie! Mais quand l'heure de l'automne sonne enfin, ton amour semble bien las et tu te mets à frapper l'antique et obscure mesure. Malgré mille épuisantes leçons, tu ne sus oublier l'algèbre la plus fausse, sa morne frénésie, de funeste aloi, de triste poésie, ni le goût du sang,... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

tout sur mon père

Enfant, je pérorais, très savant, à table, ma mère ne comprenait guère et me glissait des regards amoureux tandis que mon père, brutal, me coinçait quand il le pouvait contre le lit; afin de me briser, il me tordait en riant les petits attributs . Caquet rabattu, je m'étonnais que la douleur s'efface et ne laisse aucune trace. "Il ne faut pas parler ainsi", me dit très grave ma mère, "car ton père est bon, c'est notre religion!" Ce n'est que cela l'homme, me dis-je enfin, pas de quoi tant s'extasier. Mon père aussi avait... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

tout sur ma mère

Autrefois il existait à l'école des prix d'excellence, et aussi des prix d'honneur, le premier prix ne venait qu'en troisième position. La première fois que j'obtins le prix d'excellence j'avais sept ans. Heureux et fier, flanqué à droite de mon père et à gauche de ma mère je rentrai donc chez moi, le livre sous le bras. J'avais passionnément voulu faire plaisir à ma mère et j'avais compris que rien ne pouvait lui plaire davantage que cela, gagner un premier prix - enfin je veux dire le prix d'excellence... [Lire la suite]
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30 août 2018

Souvenirs de Cosette

Le souterrain Quand j'étais enfant, la lecture n'était nullement pour moi un moyen de me hisser sur les cimes, ni d'aller à l'aventure, sur les mers hostiles, tout en restant à l'abri dans le doux giron de quelque maison. Elle ne parlait nullement la langue de la vérité, ni celle de la pensée. C'était simplement le trou, la chambre très close,  d'où je n'entendais plus guère les hurlements des ogres, les ogres du dehors, ceux de la maison, ceux tapis dedans mon coeur assassin, ainsi qu'ils le nommaient.... [Lire la suite]
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30 mai 2018

En lisant Kafka

  En lisant Kafka Enfermé dedans ta chambre, le monde du dehors n'est que menace, le père et le patron ne te demandent qu'une chose: plier! Obéir! Et toi, eh bien: tu plies! tu obéis! C'est grâce à eux que tu es devenu le roi dérisoire d'un monde qui leur est inconnu, c'est à force de t'avoir fait rentrer dans des carrés, des triangles et des ronds qu'ils ont fait de toi ce cafard, cette vermine qui danse le long des murs.  Tu t'es pourtant révolté, ton père était si vieux, si gâteux, il fallait le... [Lire la suite]
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17 mars 2018

Ionesco et Kafka

Kafka avait mis en scène le fils écrasé par le père et par Dieu.Le père du Verdict, par une sorte de Tsimtsoum inversé, fait semblant de devenir vieux, sénile, de se rapetisser, pour mieux prendre au piège son fils. Non du tout pour le libérer, le délier. Le Roi qui se meurt, de façon qu'on ne peut même pas dire symétrique, est un Dieu, en tout cas un héros, retombé en enfance, un Dieu tout puissant et qui n'a pas su renoncer à temps à la vie. Autrefois courageux, il va crever en couard. Il ne trompe personne, sinon... [Lire la suite]
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17 mars 2018

L'enfant bleu - nouvelle version

Et je pleurai, mon coeur se brisa alors comme un oeuf. Ah, tant de larmes dedans l'oeuf mort de mon coeur! Elle s'était rendue la citadelle invincible, et la garnison morte, de douleurs et de larmes. O vase brisé, ô mon coeur mort, tu rendras, une à une, tes larmes d'autrefois, chaque souffrance, chaque sanglot. Ils roulent à terre,  comme une bille, une agate, un fruit, une prune, une larme.  Un grain de chènevis, de maïs ou de blé. Epi insupportable de la douleur ! lumière trop... [Lire la suite]
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17 mars 2018

rêves et langues

  Rêve numéro 1: Je suis à Bâle, en Suisse, dans l'appartement familial. Tout à coup, mon frère s'indigne: " oh, me dit-il en français, on t'a tiré dessus, regarde tu saignes! " Et en effet, je suis touché à l'épaule gauche, je saigne abondamment. Je ne comprends que c'est lui qui a tiré qu'au réveil. D'où le rêve suivant. Rêve numéro 2: je me réveille du rêve précédent. Je suis dans un lit d'hôpital, en France. Les médecins parlent avec moi des rêves précédents, car il y en a eu d'autres, dont je ne me... [Lire la suite]
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