Dans les années 90, j'avais eu l'idée d'un roman, ou bien était-ce ce en l'écrivant que ce roman m'avait révélé sa propre idée?

Un auteur flottait on ne sait en quel empyrée, tel l'intellect agent, et ses malheureuses créatures, qui lui ressemblaient comme des fils, s'escrimaient sur terre, en général à Paris, parfois en province. Les femmes leur glissaient comme des gouttes de mercure entre les doigts. De temps en temps, une image vénérable, ou ridicule, toujours cynique, de leur auteur, venait se mêler à leurs jeux ineptes et prétentieux.

Mais l'auteur n'était pas réellement hors des temps, il avait un corps, sinon un coeur, il devenait sénile, des clans se battaient pour s'emparer de la momie, échouée dans un hôpital, un mouroir. L'auteur finissait cependant par triompher, comme un père qui n'avait feint la faiblesse que pour prendre au piège ses ennemis, ses fils, ou bien ses admirateurs. Il triomphait à coup d'explosifs.

N'était-ce pas prémonitoire?