écrits de la face obscure de la Lune - nuits de Chine, nuits câlines

 

                                                                                 嫦娥                                             

  

Phrases qui venez de si loin, et charriez, rivières ciselées, de très vieux cailloux, du sable et quelques mots païens. Ah, goût mortuaire de la rouge grenade, ah, parfum d'encens et de momies, chats d'Egypte à jamais tranquilles, dites-moi, une fois encore, la lancinante magie de vos nuits parfumées et câlines! 

Oh langues très étrangères de la très vieille magicienne, que vouliez-vous me dire? Vous ressembliez à de vieux enfants craintifs et vos regards implorants ne signifient plus rien depuis longtemps. Ah par les mille rides parcheminées de la belle Médée, par le visage si rond, si lisse, de la belle Chang'é! Par toutes les cheminées et tous les  âtres fuligineux du vieux Poitou, profonds comme le regard doré, alchimique et vain, de la magicienne frisée, Hécate aux milles tours lunaires et païens, sœur si bien menstruée de Séléné, ô belles et pleines pamoisons, et de Kaguya-himé, ô belles et pleines lunaisons!

 Explication: Je fais concurrence à Cyrano de Bergerac, et aussi à la NASA, comme tout bon Chinois.

 嫦娥 Cháng'é est une divinité de la mythologie chinoise associée à la Lune. Sa légende existe en de multiples versions. Le premier caractère de son nom n'a à ma connaissance, en tout cas à celle de mon traducteur automatique,  pas d'autre valeur  que celle de la désigner. é, composée de la clef de la femme et du radical signifiant «moi», voudrait dire  "belle jeune fille" ou "demoiselle du palais". On pensera au turco-persan Dilber.

Réputée d'une grande beauté, souvent accompagnée d'un lapin de jade habitant lui aussi la Lune, elle est vénérée par les taoïstes, qui voient en elle le Yīn, l'incarnation à l'état pur du principe féminin, en écriture simplifiée, 阴, sinon: , par opposition au Yáng, associé quant à lui au soleil (écriture traditionnelle : , simplifiée : ).

 

Kaguya-hime (かぐや姫, « princesse Kaguya »), est un personnage d'un conte japonais datant du Xème siècle, appelé également Taketori monogatari (竹取物語, « Le Conte du coupeur de bambou ») ou Kaguya-hime no monogatari (かぐや姫の物語, « Le conte de la princesse Kaguya »). Ce conte est considéré comme le texte narratif japonais le plus ancien. Il raconte la vie de Kaguya-hime qui est découverte, bébé, dans une canne de bambou luisante. Elle grandit à toute vitesse, comme la lune croissante, et vient en réalité de Tsuki no Miyako (月の都, « la capitale de la Lune »). Ses cheveux sont « brillants comme l'or », quand Séléné est elle toute argentée (ou encore toute blanche).