28 novembre 2018

Orhan Pamuk, Livre et vie nouvelle

  Un livre ardent et menteur qui promet une vie nouvelle. Yeni hayat, en turc... "Bir gün bir kitap okudum ve bütün hayatım değişti.” Ainsi commence ce roman, et la supposée Vie nouvelle. Traduction automatique: "Un jour, j'ai lu un livre et toute ma vie en fut modifiée." On dirait d'abord une idée banale, insincère, pour souligner que le livre, et la culture, sont choses vitales. Néanmoins, en français comme en turc peut-être, la "modification" vous a un côté clinique, factuel, qui nous met la puce à l'oreille. Ce n'est pas... [Lire la suite]
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26 novembre 2018

Le procès de Kafka

Kafka est sans doute celui qui a le mieux compris la nature véritable de la justice, à savoir qu'elle ne peut être qu'une injustice. Une injustice pour le faible, mais pour qui devrait-il y avoir justice, et donc pour qui y a-t-il injustice, sinon pour le faible? Cruelle machinerie judiciaire, qui semble parler la langue commune, éprouver sentiments communs et formuler idées communes. L'on prépare joyeux, énergique, sa défense, et elle tombe toujours à côté, car la justice est ainsi faite qu'à chaque fois que nous croyons avoir... [Lire la suite]
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26 novembre 2018

Le messager

Kafka: il y a bien longtemps, il y a une infinité de temps, le messager s'était élancé. Il ne pensait qu'à une chose: moi, qu'il devait rejoindre. Dieu, qu'il allait vite! Plus vite que toute lumière. Dieu, qu'il était puissant! Et fidèle à son message. Il fracassait les murs, et derrière chaque mur il y avait un autre mur. Rien ne l'arrêtait tant il était fort. Hélas, il y avait tant de murs entre lui et nous, entre lui et moi. Il brisait chacun de ces murs, il ignorait tout découragement, il ralentissait imperceptiblement,... [Lire la suite]
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24 novembre 2018

Naissance du politique

Rousseau: On s’accoutuma à s’assembler devant les cabanes ou autour d’un grand arbre : le chant et la danse, vrais enfants de l’amour et du loisir, devinrent l’amusement ou plutôt l’occupation des hommes et des femmes oisifs et attroupés. Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. Celui qui chantait ou dansait le mieux ; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus éloquent devint le plus considéré, et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers... [Lire la suite]
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23 novembre 2018

L'origine du temps: physique profonde et scénario historique (nouvelle version)

Murray Gell-Mann explique très bien qu'il ne faut pas confondre probabilité (par exemple la probabilité entre 0 et 1 que l'as soit tiré par hasard) et la quantité D, quand différents états sont entremêlés et qu'il est impossible de calculer la probabilité de chacun de ces états (parce qu'on ne trouve pas un nombre compris entre 0 et 1, mais une matrice pour le moins peu intuitive). Le probabilisme ne suffit donc pas: non seulement une histoire précise n'est que probable, au même titre qu'une autre histoire au scénario différent, mais... [Lire la suite]
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20 novembre 2018

Patrie et langue maternelle selon Grundtvig

NICOLAI FREDERIK SEVERIN GRUNDTVIG (1783-1872)   Pasteur, écrivain et pédagogue danois, Nicolai Grundtvig était de son propre aveu mi-poète, mi-rat de bibliothèque. Marqué par les philosophes allemands Herder, Fichte et Schelling, il insuffle à la poésie un souffle tout romantique. La poésie danoise est inséparable tant de l'idiome du peuple que des mythes scandinaves. A cela s'opposent les langues et pensées mortes ou artificielles, le latin et les mathématiques, et même l'écriture... ... [Lire la suite]
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17 novembre 2018

la Reine Gefion

Tu vociférais, ô mère de tous les hommes, et tes cris m'épouvantaient Tu venais du Nord, tu étais fille de l'étoile, tu étais fille de l'Arbre, Et tu régnais sur les flots Sur leur colère Tu étais l'océan et la vie, l'ivresse et la joie guerrière Tu étais la lumière, le bois et la flamme Tu étais la mort et tu étais la vie Tu étais la guerre, ma mère, et la magie Ah, quel effroi est ton visage! L'effroi de tous les carnages Ah, immondes portées Ô blonde beauté Comme ton pays est froid, toi qui es la flamme! ... [Lire la suite]
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15 novembre 2018

Vases et coeurs qui furent brisés

Le nombre innombrable s'égrena pourtant, il prit forme, celle de l'humaine compréhension, le nombre innombrable s'égrena pourtant, et prit la forme de l'humaine joie, de l'humain consentement, et contentement. De cette joie, mon amour,  naquit un fruit, oui, le fruit aux dix grains (ni sept ni onze). De cette joie ce fruit grandit, il murit, et puis mourut, oui car il pourrit, et puis mourut, il éclata, sous le pilon de ton amour, il eclata, sous le boutoir de ton desastre divin et ardent, le... [Lire la suite]
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13 novembre 2018

À la plus obscure de toutes mes pensées. Nouvelle version avec explication

  A la plus obscure de toutes mes pensées, celle que je n'ai pas osé dévisager: elle avait la couleur de tes yeux dorés! Et ton visage d'ange tombé des cieux! Et tes cheveux frisés. C'était un très ancien mensonge, je me mens comme je te mens, c'était un amour tapi dedans la maison, qui ressemblait à la haine, car en vérité tu n'es qu'immondices, en vérité, tu prends toute la place, et me ressembles comme un frère. Et me ressembles comme un père. O plus obscure de toutes mes... [Lire la suite]
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13 novembre 2018

De la morale et du relativisme moral

En morale, l'attitude du philosophe contraste avec celle de M. "tout le monde". M. "tout le monde" se cherche des excuses, et il se hâte d'en trouver une dans le relativisme: c'est peut-être mal à vos yeux, mais pas aux yeux des brigands des films, qui ont, n'est-ce pas, leur propre morale, ou leur sale morale! Le code de l'honneur, nouvelle chevalerie. A moins que les chevaliers d'autrefois n'aient été que des brigands?  De quel droit se croit-on supérieur à eux? Voici qui est commode, et démocratique... et romantique aussi.... [Lire la suite]
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