27 juin 2018

la source du temps

D'où vient, irritante question, le temps? De l'éternité, du passé, ou bien de la métamorphose des choses? Et pourquoi cette ronde, cette mascarade? Comme le temps n'est pas l'espace, c'est la même chose qui devient autre chose! Il y a du changement qui advient à la chose, qui elle demeure. En ce sens, l'être n'est pas tout à fait mité par le néant.  Ou bien peut-être que la chose n'a pu choisir d'être ce qu'elle est qu'en étant d'abord deux choses à la fois? Le temps aurait-il à chaque fois une structure binaire? Et... [Lire la suite]
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22 juin 2018

confession métaphysique

Il est curieux, mais très philosophique, que chez moi la métaphysique, la recherche d'une connaissance qui aille plus loin malgré tout que l'ombre portée de notre subjectivité et de nos sensations, ne se soit jamais confondue avec une mystique. Par mystique, j'entends l'idée d'une fusion affective, amoureuse, avec l'absolu, sur un mode érotique et religieux. Pascal. Alors, s'il ne s'agissait pas d'un investissement érotique, de quelle nature est, ou était, mon désir métaphysique? Disons que je n'aimais pas Dieu, qu'il n'était pas... [Lire la suite]
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21 juin 2018

de la matière psychologique de la langue

On trouve chez W. von Humboldt le thème intriguant de la pensée averbale comme matière de la langue, au même titre que le son avant son passage par le larynx! Il y a donc une matière sonore de la langue, et une matière psychologique. C'est dire que la langue est un moule pour notre pensée, un moule intérieur à vrai dire, qui la met en ordre, mais que cependant il y a un début, ou une ébauche, de la pensée en dehors de la langue. Comme Hegel, Humboldt y lit une fermentation, ou plus exactement un ensemble de mouvements désordonnés,... [Lire la suite]
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18 juin 2018

incompréhensible

  Heureux l'enfant qui ouit le sourd appel de la langue et du poème, seriné par une mère lointaine comme le rivage bleu d'un pays étranger et grec! Il fit effort pour comprendre, et ne comprit point. Ah le contrepoint qui à jamais l'éloigna de la pesanteur du soi! Belle musique en vérité si la colère jamais ne la submerge! Quel est donc ce meilleur en nous qui ne nous ressemble point et qui hante notre coeur assoiffé de peines fécondes? Explication: comment la pulsion d'être soi se confronte-t-elle au monde, et aux autres, pour... [Lire la suite]
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18 juin 2018

fruit: la figue de Barbarie

Par tous les serpents de tous les paradis Combien je t'ai désirée ô figue épineuse de nos midis Tu avais les yeux bleus Tu avais les yeux verts Tu avais les yeux orangés Mais pourquoi m'avoir mordu? Comme je t'ai mordue Je t'ai dévorée toute entière et ma langue chagrinée Empoisonnée A ton image S'est gonflée A mûri Et m'a blessé. Il fallut donc mourir en été,  Mon sang luit comme une encre Et dessine à mon cou Un rouge pendentif Une rouge tranchée Semblable à ta chair Semblable à ta fente Ô... [Lire la suite]
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14 juin 2018

fruit: la figue

J'avais goûté hélas du mauvais amour le fruit frelaté et tel un frelon irrité de sa noire épine il m'avait piqué. Ah figue de barbarie du midi inconnu, Provence empoisonnée, pour moi seul hélas, ma langue chasseresse avait tant menti, avait tant gonflé, tandis que je t'aimais, tandis que tu ne m'aimais, ou bien de loin, si loin et silencieusement. À Manosque, Angoulême, ou bien Albi. Par tous les serpents de tous les paradis, avertissement solennel, je ne t'entendis point, mon âme, ni mon amour, ne furent purifiés de toutes ces... [Lire la suite]
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14 juin 2018

Du masochisme et de la perte au jeu

Le masochiste trouve-t-il son plaisir dans l'idée que le malheur le place au centre de sa propre tragédie, et fait ainsi de lui un héros? Et tout héros par la pureté de son désir recherche sa propre mort, dont il jouit dans la douleur. Je ne suis pas convaincu: la douleur est en soi présence indiscutable, quand le plaisir est toujours discutable, pour ne rien dire du bonheur, qui est question: suis-je heureux? Il faudrait donc jouir de la douleur, et le masochiste, inexplicablement, y arrive. Il est donc le plus raisonnable de... [Lire la suite]
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14 juin 2018

du supplément de toute jouissance

Le je ne sais quoi, le presque rien, l'objet a lacanien, l'amour, la reconnaissance. l'Un plotinien. l'Etre des étants. L'idée, ou plutôt le désir, ou la demande, d'un supplément impondérable, et qui est l'essentiel, mais est insaisissable. Ce supplément vient irriser le donné, en estomper les angles. C'est l'idéal des poètes, des stylistes, des amoureux. Hélas, tout dégénère quand on tente d'arraisonner cet impondérable, quand de supplément, de luxe, il se fait objet de nos passions rageuses, d'autant plus rageuses que... [Lire la suite]
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09 juin 2018

De la nature de l'arithmétique

Wittgenstein a voulu à la fois garder le caractère a priori des règles de l'arithmétique et en faire des règles d'action dans le monde des hommes. Un jeu qui donne sa forme à notre existence humaine dans le monde. Pour autant l'homme n'est pas la source de la réalité, ou alors il faut entendre par réalité le monde humain, seulement humain. D'abord, l'acte, compter, fonctionne, l'on ne peut savoir pourquoi, il n'a pas de fondement. C'est l'acte qui engendre la norme et non la norme l'acte. L'axiome n'est pas vrai parce... [Lire la suite]
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09 juin 2018

de la horde primitive et de la recherche philosophique

Le jeu philosophique, à la Wittgenstein. Jeu de langage, c'est-à-dire enfance, plasticité de l'imagination enfantine, curiosité, armée cependant des instruments d'analyse les plus rigoureux. Dommage, certes, que Wittgenstein ait voulu casser le jouet philosophique par excellence, la réflexion métaphysique! A ce jeu createur s'oppose, plus encore que le pragmatisme, le dogmatisme: on fait du Grand philosophe un dieu mort et immortel, le père Freud par exemple, entouré d'une horde de fils, les psychanalystes, qui se déchirent. Ils... [Lire la suite]
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