Désastre de ta main puissante tu me saisis et de ton poing invincible tu me brisas

Discorde, Zizanie, mon amour, de ton poing invincible, comme un sexe, tu brisas en mille morceaux mon âme tout de verre, tu la brisas en mille éclats. Te fallait-il, Discorde, ô Zizanie, mon amour, si lourd marteau pour briser le verre dont tu m'avais fait, souviens-toi,  fabriqué de ton souffle puissant, de ton souffle ardent ?

Tu poussais, ô Désastre, ô Hystérie, o hydre de mes nuits, toutes mes nuits, et mes jours aussi, tu poussais des cris stridents tout en besognant, ils épouvantaient mon âme d'enfant, l'éprouvant comme on éprouve une épousée trop frêle et firent voler en mille éclats la cornue fragile de mon coeur. Ce n'était que bruit, ce n'était que douleur, se dit l'enfant mort alors.

Je n'ai aucun repos tu ne m'en as point laissé, car même la nuit t'appartient, ô Désastre, ô Discorde, ô Zizanie. Je n'ai que le silence.

N'es-tu point, ô Amour, mon épouvante?

J'ai recueilli dedans la ruine de mon coeur, de ton coeur, la fleur qui poussait de ta nuit, car elle était tienne, ô Victoire, ô ma défaite, oui, j'ai recueilli en mon âme, comme en un vase cristallin, chaque fleur de ton horreur sans nom. Elle rimait si bien avec ton désastre, Ô Zizanie!

Chacune était une étoile, l'éclat et la victoire sans nom de ton désastre, Zizanie. Quelle musique! Comme elle sonnait faux! Faux comme ton mensonge, Désastre, Zizanie, Ô ma ruine, mon mensonge, Ô ma bien aimée!

Car je ne t'accuse point. N'es-tu point, ma Reine, la sève de ma vie? N'es-tu point, Sève de ma vie, la Reine de mon coeur?

Désastre, de ton poing puissant...