D'où vient, irritante question, le temps? De l'éternité, du passé, ou bien de la métamorphose des choses? Et pourquoi cette ronde, cette mascarade?

Comme le temps n'est pas l'espace, c'est la même chose qui devient autre chose! Il y a du changement qui advient à la chose, qui elle demeure. En ce sens, l'être n'est pas tout à fait mité par le néant. 

Ou bien peut-être que la chose n'a pu choisir d'être ce qu'elle est qu'en étant d'abord deux choses à la fois? Le temps aurait-il à chaque fois une structure binaire? Et comment passerait-il alors du deux au trois?

Je plaisante bien entendu, ou je rêvasse, troquant Kant contre les quantas. Il y a plusieurs états superposés, et s'il y a une histoire, c'est que l'événement n'abolit pas pour autant toute superposition d'etats. Une histoire n'est déterminée, écrite, que d'un point de vue très grossier, car explique Gell-Mann, l'historien ne se soucie pas des particules dont est composé le grand homme, ou son cheval.

C'est comme un livre où toutes les réponses sont superposées. Il manque la question! Cela fait penser à Borges, dit Gell-Mann. Moi ça me fait plutôt penser au château de Kafka et aux lectures rabbiniques.