Eurydice de la nuit, et de mes étés,

tu me disais alors que tu ne m'aimais guère - et une fois encore je ne te croyais pas...

tandis que tu dors à  mes côtés, je te cherche, toi l'absente de tous mes rêves ; je te cherche, une lanterne à la main, verte comme il se doit, dans tous les labyrinthes de ma cervelle...

Car en rêve du moins ma cervelle est une ville dont je n'ai plus le plan depuis longtemps... Il est vrai que dans mes souvenirs l'été est surtout de la couleur des ombres.

C'était un mois d'août au parc du Luxembourg,  j'errais effaré et fou sous les arbres sans nom car j'ignorais la nature, les essences, je ne connaissais que le platane dont l'écorce dit les atroces peines, et toutes les maladies, et qui pourtant fleurit au printemps et porte ses fruits sphériques, incomestibles, et le pigeon, un peu le moineau dont plus tard je connus les innombrables frères, à Java, ceux que l'on nomme burung gereja et qui hantent là-bas, vraiment très loin, et comme ici, toutes les églises. 

explication: il arrive - que l'on s'appelle Orphée ou bien non - que l'on rêve de la personne qui dort depuis trente ans à vos côtés, ou même que l'on rêve qu'elle a disparu, qu'on la recherche, et quand on se réveille on est si heureux de la retrouver, qui dort encore.